Les mots de Montpellier

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Atelier du 18/08/2015 - 1er sujet

Atelier du 19/08/2015

Je me suis endormie sur le transat de mon jardin. La journée était belle et ensoleillée. Une légère brise faisait danser les larges éventails de mon Washingtonia. Quelques oiseaux méfiants m’observaient postés sur le bord de la piscine. Quant à mes poules, elles picoraient les grains de blé que j’avais répandu sur le sol.

La caresse du vent sur mon corps avait facilité mon endormissement. J’entendais en fond sonore le filtre de la piscine, le bruissement des feuilles qu’Éole mettait en mouvement. Quelques cui-cui ici et là me plongèrent dans un sommeil profond.

Après ce qui me sembla être une bonne sieste, j’ouvris un œil paresseux. Le vent avait grossi et chassé les derniers nuages qui parsemaient encore le ciel lorsque je m’étais allongée.

Je m’étirais longuement, dans tous les sens, roulant sur moi-même. Un peu surprise, je constatais que mon transat habituellement étroit pour moi semblait tout à coup beaucoup plus large, gigantesque en fait ! Totalement réveillée, je me redressais et sautais à terre. Sautais ! J’avais sauté !

Diable ! Que signifiait tout ceci ? Le sol se trouvait à présent à 15 cm de mon nez ! J’étais à quatre pattes et j’avais rétréci de manière considérable. Affolée, je me mis debout et je regardais tout autour de moi où je me trouvais.

Rien n’avait changé ! Le jardin était toujours le même, mais il me semblait gigantesque. Le barbecue, le palmier, la piscine, les transats… Tout était à sa place, mais moi… debout… J’atteignais à peine la table de jardin.

Surprise ! pensez-vous.

Non ! Affolée… Terrifiée plutôt. Car si ma taille me semblait tout à coup ridicule, imaginez ma tête lorsque mon regard se porta sur mes, mais et que je vis deux pattes rouquines recouvertes de poils !

Je poussais un hurlement de terreur et j’entendis un miaulement déchirant. C’était un cauchemar ! Je rêvais, ce n’était pas possible autrement. Je me ruais dans la maison à la recherche d’un miroir. Je devais voir de mes propres yeux ce que j’étais devenue. Rien dans le séjour. Zut ! La porte qui mène aux chambres et aux miroirs était close et moi trop petite pour atteindre la poignée. Bon sang de bonsoir, je courus vers le téléphone pour appeler du secours avant de comprendre qu’un téléphone ne me servait à rien dans l’état qui était le mien !

À quoi pourrait bien me servir un téléphone dans mon état ? Je me voyais mal raconter en miaulant le drame qui m’arrivait. Je posai mon séant sur le sol et tentais bien tristement de réfléchir à mon sort. Où pouvais-je observer ma transformation ?

Ah oui ! Le miroir de mon mari. Seulement voilà, l’objet de ma convoitise se trouvait sur la banque où habituellement je mettais la nourriture de mon chat. Tiens à ce propos, où diable était passé mon matou ?

Je pris mon élan et je sautai sur la banque. Beurkkk !

Le plan de travail était mouillé. La sensation de l’eau sous mes petits coussinets était très désagréable. Je cherchais du regard le miroir. Il était bien là, mais il me fallait enjamber l’évier plein de vaisselle pour pouvoir me mirer. Prudemment, j’avançai une patte, puis l’autre et soudain… Patatrac ! Je me retrouvai les fesses dans l’eau et une furieuse envie de tout casser.

Très en colère, je me sortis du bac, trempée et ma jolie fourrure décorée de toutes sortes de cochonneries qui flottait dans l’eau. Je pus enfin admirer la malheureuse bête que j’étais devenue. J’étais un chat et pas n’importe quel chat… La jumelle de mon matou Big. Mais où était ce filou ?

Bordel de crotte de bique ! C’était quoi ce délire ? Qui m’avait joué ce mauvais tour ?

Soudain, passa devant la fenêtre un joli rouge-gorge que j’avais pris l’habitude de nourrir chaque jour. Comme une hystérique, je sautais sur la vitre, heureusement pour mon ami l’oiseau, elle était fermée. Pas démontée pour autant je partis comme une folle retrouver le jardin et commença alors une folle poursuite derrière le volatile et ses congénères qui prirent la fuite sans demander leur reste.

À partir de là, je n’ose vous dire ce qui se passa… Je passai le reste de la journée à courir comme une fada derrière tout ce qui bougeait. Lézard, papillon, feuilles dans le vent, oiseaux de toutes sortes.

Au bout d’un moment, totalement épuisée moralement et physiquement, je repris place dans mon transat où je sombrai aussitôt dans un profond sommeil.

P1130041.JPG

« Tu as bien dormi ma chérie ? »

J’ouvris les yeux et je vis le sourire radieux de mon cher et tendre. Je regardais mes mains… c’était bien moi ! Tout était rentré dans l’ordre. Quel rêve étrange !

Maridan 19/08/2015



20/08/2015
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