Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

Atelier du 29/09/2015 par Maridan

3) Le point de non retour

Premier baiser

C’était la dixième fois que nous passions un peu de temps ensemble. Il sortait avec mon amie et comme c’était moi qui les avais mis en contact, j’étais devenue leur confidente.

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Je l’observais tandis qu’il me parlait d’elle. Visiblement, il lui en voulait. Il la trouvait futile, inconstante. Et pendant qu’il énumérait tous les défauts de mon amie, je voyais son visage mobile retranscrire en mimiques son discours.

Ses yeux de couleur kaki flamboyaient. Ses longues mains poilues et viriles dessinaient de grandes arabesques dans les airs ; quant à ses jambes, elles aussi, très mobiles, elles arpentaient en long et en large la petite chambre où nous nous trouvions tous les deux.

Puis, il a dû s’apercevoir que si je ne disais rien, c’est que peut-être, je n’écoutais plus. Je ne donnais aucune suite à son discours décousu, mais j’observais attentivement le personnage.

J’ai du lâcher ma contemplation quand soudain, il m’a dit d’un air courroucé :

« Si je t’ennuie, tu n’as qu’à le dire au lieu de bailler aux corneilles ! »

Cesse de dire des bêtises ! Je t’observais. C’est fou ce que tu peux dire avec ton corps ! Tu n’as pas besoin de mots. »

Est-ce que ce sont ces mots qui ont induit ce qui a suivi ? Je l’ignore encore. Toujours est-il qu’il s’est avancé vers moi, les yeux glacés. J’ai reculé vers le mur. Je n’avais pas peur, non ! Mais je sentais sa fureur prête à exploser et je me demandais avec appréhension ce qui avait pu la provoquer et surtout, si c’est moi qui allait en faire les frais.

Il a franchi les deux pas qui nous séparaient, ses mains se sont posées sur mes épaules, puis ses yeux se sont emparés des miens. Mon ventre s’est mis à gargouiller et son visage s’est approché du mien. J’ai fermé les yeux au moment ou sa bouche se posait sur la mienne. À cet instant précis, nos destins étaient liés.

Je me sentais sale. J’avais volé le chéri de mon amie sans l’avoir cherché, mais en même temps les battements de mon cœur avaient changé. Pour la première fois de ma vie, après dix-huit ans d’existence, enfin, j’étais vivante !

Je ne me rappelle plus comment nous nous sommes séparés, mais je sais qu’à cet instant, l’un comme l’autre, nous avons commencé à vivre.

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Maridan 29/09/2015



12/10/2015
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