Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

Atelier du 31/03/2015

1) Maison de Mark Drew

J’ai fait un long voyage pour revenir ici. Des heures et des heures de voiture pour remonter le temps. A l’autre bout des hautes herbes, la maison est toujours là, et je me fige, souffletée par le passé. Je ne m’approche pas, surtout pas trop près, contemplant le trésor délabré qui retient mon enfance cachée derrière sa porte close et ses fenêtres muettes. Moi seule peut entendre encore les rires de mes frères et sœurs, la voix enjouée de ma mère et les jappements de peggy, notre chienne. Je me retourne. Hallucination auditive, j’aurais juré avoir perçu derrière mloi, la voix de baryton de mon père. Mais non, c’est le vent ! Et à cet instant, j’ignore si ces souvenirs sont bonheur ou chagrin. Une seule évidence, l’immensité de ma solitude de femme orpheline, qui me murmure cette phrases litanique :

«  Tu n’aurais pas dû… Tu n’aurais pas dû… Tu n’aurais pas dû. »

2) La grande roue

La grande roue est arrêtée et je grimpe dans la nacelle. Assise, les paupières closes, étourdie par la cacophonie joyeuse des musiques de la foire, je me tiens prête.

Prête pour l’envol circulaire qui m’arrachera un moment au réel et me rapprochera infimement des étoiles.

C’est parti, je m’élève. J’ai des ailes plein la tête, énivrée par cette aventure éphémère qui me délivre du sol et de sa banalité. Au plus haut, à l’apogée du rêve, la roue s’immobilise. Surtout, ne plus jamais redescendre. Rester là perchée et savourer mon Nirvana sur ce nuage de ferraille où l’on oublie jusqu’à son corps même.

«  Hé ! Tu dors ? » J’ai  pris le coude de mon mari dans les côtes. Inutile que le manège ait redémarré, j’ai déjà atterri, ô combien !



10/04/2015
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