Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

atelier N°8 du 30/03/2016 le conte

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Ludo le jeune flamand regarde son père avec tristesse. Depuis la mort prématurée de sa mère, plus un sourire n’éclaire le visage de son père. Ses deux frères et lui s’inquiètent beaucoup. Ils ont bien essayé de lui présenter quelques jolies femelles, mais rien n’y a fait. Il reste morose, et même la recherche de crevettes n’arrive plus à le faire bouger. Ils en sont à se demander comment lui faire reprendre goût à la vie, quand soudain, Arthur le goéland, qui était posé sur la barque devant le château de la Redoute à Palavas, s’exclame :

 

  • Vous en faites de drôles de têtes les copains !

  • Ne te moque pas de nous, Arthur ! Notre père est au plus mal depuis la disparition de maman et nous avons peur qu’il se laisse mourir de chagrin.

  • Allons, Ludo, ne t’en fais pas. Donne-lui un peu d’élixir de vie.

  • L’élixir de quoi ? demande Sam le plus jeune des trois frères.

  • L’élixir de vie.

  • Jamais entendu parler de ce truc. C’est efficace ?

  • Très.

  • Où peut-on le trouver ? Ajoute Luc le dernier des frères.

  • Il faut le demander à Mira, la mouette. C’est elle qui m’en a parlé. C’est grâce à ce remède qu’elle a pu sauver sa mère et croyez-moi, sa mère était vraiment mal en point.

  • Où est cette mouette ?

  • Vous la trouverez du côté des cabanes de l’Arnel. Vous connaissez ?

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  • Bien sûr, mais nous n’y allons pas souvent. Ce n’est pas notre coin préféré.

  • Qu’importe ! C’est là-bas que Mira se repose le plus souvent. Allez, je vous laisse les pottos, une jolie nénette m’appelle.

 

Et voilà Arthur qui part rejoindre une jolie femelle goéland qui l’attend, en s’impatientant, sur le panneau d’affichage de l’étang.

 

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Les trois frères se rapprochent de la barque déserte à présent.

 

  • Qui de nous trois ira trouver Mira ? demande Sam.
  • Et bien ce sera toi Ludo, dit Luc.
  • Tu as raison, ce sera moi, dit Ludo, je suis l’ainé. Allez attendez-moi là, je reviens très vite.

 

Ludo s’envole, tandis que Sam et Luc rejoignent leur père toujours aussi triste et tout seul près de la Redoute. Pendant ce temps, Ludo arrive au lieu-dit de l’Arnel. Il voit quelques chats facétieux, un chien bruyant, quelques pêcheurs, mais point de mouette. Il commence à se demander si le goéland ne lui a pas dit des bêtises pour se moquer de lui. Mais dans le doute, il se met à crier.

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  • Oh hé ! oh hé, Mira, où es-tu ? Coucou, Mira, c’est Arthur qui m’envoie à toi. Soudain, jaillissant de l’horizon, une ombre majestueuse cache le soleil et une belle cigogne se pose près de Ludo.
  • As-tu fini de brailler comme un âne ? On n’a pas idée de réveiller tout le monde comme cela, surtout dans notre petit coin si paisible.
  • Tu me sembles bien loin de chez toi, dame cigogne.
  • Mais tu radotes ! J’habite au Camarguais, juste à côté d’ici, avec toute ma famille. Tout le monde sait cela à Palavas !
  • Vraiment ! Alors tu dois savoir où je peux trouver Mira, la mouette.
  • Effectivement, que lui ceux-tu ?
  • Elle seule peut m’aider à sauver mon père en me disant où trouver l’élixir de vie.

 

À ces mots la cigogne se tord de rire.

 

  • Ah quel bêta, mais qu’il est sot ce volatile. Hi, hi, hi.
  • Cesse de te moquer de moi, veux-tu !
  • Et pourquoi donc ? Tu n’es qu’une grosse bête !
  • Parce que ce n’est pas gentil et j’ai vraiment besoin de ce remède pour aider mon père. Aide-moi au lieu de rire bêtement.
  • Que me donneras-tu en échange de mon aide ?
  • Je ne possède rien, si ce n’est le fruit de mon travail, et mon courage. Je t’offrirai autant de crevettes que tu pourras en manger.
  • Beurkkk ! Cela ne m’intéresse pas du tout. Va voir le chasseur à la presqu’île du Pilou, il te dira où se trouve Mira.
  • Merci dame cigogne, j’y vais. Au revoir.

 

Et voici Ludo qui s’envole pour rejoindre le Pilou à Villeneuve les Maguelone. C’est un endroit où il va quelquefois avec sa famille et ses amis. Arrivé près de la passerelle, alors qu’il s’apprête à se poser, une douleur affreuse lui déchire l’aile. Et voilà notre flamand qui tombe à l’eau. Tant bien que mal, il essaie de nager et se rapproche de l’île où à peine sortit de l’eau, il sombre dans l’inconscience. La cigogne, qui a entendu le coup de feu, éclate de rire.

 

  • Et un parasite de moins, un !

 

La nuit est tombée. Luc et Sam commencent à s’inquiéter de ne pas voir revenir leur grand frère.

 

  • Un malheur est arrivé, je le sens, dit Sam. Je vais aller le chercher.
  • Non, petit frère, c’est à mon tour de partir. Reste avec notre père pour l’aider, si besoin. Je reviens vite, ne t’inquiète pas.

Luc s’envole à son tour, tandis que Sam se rapproche de son père et tente de le rassurer. Luc a l’affreux pressentiment que le coup de feu a blessé son frère et du coup, il avance avec beaucoup plus de prudence. Il se dissimule derrière les arbustes, les herbes de la pampa et finalement, lui aussi arrive à l’Arnel. Le lieu est désert, plus un animal, plus un pêcheur n’est dehors. Alors qu’il s’apprête à faire demi-tour, la cigogne l’interpelle.

 

  • Qui va là ? Qui rode ainsi dans la nuit ?
  • Je m’appelle Luc et je suis à la recherche de mon frère Ludo.
  • Que me donneras-tu si je t’aide ?
  • Je ne possède pas grand-chose, mis à part quelques crevettes, mais si tu veux, elles sont à toi.
  • Beurkkk ! Cela ne me tente guère. Écoute, je vais quand même t’aider. Tu vas aller à la Cathédrale de Maguelone et tu demanderas au chef des Paons blancs où se trouve ton frère et l’élixir de vie.
  • Merci, dame cigogne !

 

Luc repart le cœur léger, il va aider son frère et ramener l’élixir pour sauver son père. Le voici tout content et il vole très vite vers la cathédrale toute proche. Mais comme il fait très noir, il ne distingue pas la couleur des paons. Comment savoir qui est le chef ? Les paons furieux d’avoir été réveillés attaquent tous ensemble le malheureux flamand et l’abandonnent presque mort sur le bord de l’étang où il avait tenté de se réfugier. Pendant ce temps le pauvre Sam et son père s’inquiètent de ne pas voir revenir Ludo et Luc. Le père sombre dans un chagrin sans nom, et ne bouge pratiquement plus.

 

  • Papa, mon cher papa. Accroche-toi encore un peu. Dès que le soleil se sera levé, je partirai chercher mes frères. Je te les ramènerai, je te le promets. J’espère aussi trouver l’élixir pour que tu retrouves le sourire.

 

À ces mots, une larme échappe au père. Sam frotte sa tête contre la joue de son père, comme pour lui transmettre un peu de son courage.

Le soleil s’est levé et Sam s’envole. Son père est endormi. Arrivé à l’Arnel, il croise les chats.

 

  • Bonjour, les matous ! Vous allez bien ce matin ?
  • Miaou, miaou, ronron, répondent les chats à leur ami Sam

 

Un peu plus loin, il croise Médor, le chien.

 

  • Bonjour Médor, belle journée.
  • Bonjour, Sam, heureux de te voir. Tu es seul ce matin ?
  • Hélas, oui. Je suis à la recherche de mes frères.
  • Ils sont passés hier. Mais ils ne sont pas restés longtemps.
  • Je suis à leur recherche.
  • As-tu demandé aux pêcheurs, s’ils les ont vus ?
  • Non, pas encore, j’y vole.

 

Sam arrive aux cabanes de pêches et il demande aux pêcheurs s’ils vont bien, si la pêche a été bonne.

 

  • Bonjour, Pierre, alors cette pêche ?
  • Superbe, mon cher Sam ! Tiens, veux-tu cette jolie dorade, elle a les yeux abimés, je ne pourrai pas la vendre.
  • Non merci, Pierre, jette-la à l’eau, elle fera le bonheur de quelques mouettes.

 

Pierre jette sa dorade et Mira l’attrape au vol et repart aussitôt.

 

  • Sacrée Mira, quelle coquine celle-là ! Elle n’en loupe pas une.
  • Tu as dit Mira ?
  • Oui, pourquoi ?
  • Je la cherche.
  • Tu la trouveras au bout du chemin, chez la cigogne.
  • Merci, Pierre, je te souhaite une bonne journée.
  • Merci, mon petit Sam, à toi aussi.

 

 

Sam poursuit son chemin jusqu’au bout et arrive chez la cigogne.

 

  • Bonjour jolie dame cigogne. Pouvez-vous me dire où trouver Mira la mouette ?
  • Que me donneras-tu en échange de mon aide ?
  • Dites-moi ce qui vous fera plaisir ?
  • Et bien mon fils a les deux pattes coincées dans notre nid et mon mari et moi n’arrivons pas à le sortir de ce mauvais pas. Peux-tu nous aider ?
  • Avec plaisir. Allons-y votre cigogneau doit être effrayé sans vous.

 

Avec courage le petit flamand aide les deux cigognes à dégager leur enfant du piège dans lequel il s’était mis. À peine le cigogneau est-il libéré que les deux frères de Sam reviennent à ses côtés.

 

  • Où diable étiez-vous passés, papa et moi étions très inquiets ?
  • C’est une longue historie petit frère, mais grâce à toi, nous avons été sauvés.

 

À ce moment précis, Mira apparaît.

 

  • Tiens mon petit Sam, tu es vraiment un brave flamand. Ton père peut être fier de toi. Donne-lui trois gouttes de cet élixir et sa bonne humeur reviendra.
  • Merci Madame. Je vous ramènerai ce qu’il restera.
  • Garde-le mon garçon, j’en ai d’autres.

 

Les trois frères ont rejoint leur père et lui ont donné le remède. Le père est très heureux d’avoir retrouvé ses fils. Il a également retrouvé le sourire.

 

« Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.
 »

 

Sam a mis cette devise en œuvre en agissant avec sagesse et gentillesse avec tous. Puis il a pris le temps de saluer tous ses amis avant de leur demander leur aide. C'est sans doute pour cela qu'ils ont tenu à l'aider.

 

Maridan 30/03/2016



01/04/2016
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