Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

L'atelier du 15/02/2016 -

Le conte     

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“ En des temps immémoriaux, dans un monde qui ne sera jamais le nôtre régnaient le roi Triton et son épouse, la reine Tritonne. Ils avaient engendré foule de petits tritons mâles qui faisaient leur fierté, jusqu’au jour où leur naquit une ravissante dryade qui n’eut pas la moindre grâce à leurs yeux. Ils la confinèrent dans une caverne au fond d’un puits, bien décidés à l’y oublier. La pauvre enfant n’avait, pour se distraire, qu’un tableau et une épée en or dont elle ne savait que faire.

Jusqu’au jour où, du tableau, surgirent des paroles et, sur ce même tableau, se dessina le visage d’un lutin.

“ Cesse de pleurer” , dit le gnome à la jeune fille, “ Prends cette épée et plante-la dans la paroi du puits. Monte sur le plat de sa lame et tu sortiras de l’enfer. “

La jeune fille eut confiance et s’exécuta. Et, d’un coup, se retrouva en pleine lumière, au bord d’un fleuve ami. Elle entra dans l’eau vive, son élément naturel et se laissa flotter parmi les hautes herbes aquatiques jusqu’à ce qu’elle aperçoive au milieu d’elles une fleur singulière aux couleurs éblouissantes. D’instinct, elle la cueillit. À peine l’eut-elle fait que du pistil fusa un rire délicieux.

Y regardant de plus près, elle distingua une minuscule fée toute joufflue qui lui dit :

“ Que cherches-tu? “

“ Le bonheur, tout simplement!” répondit la jeune fille.

Et la fée lui dit : “ Prononce après moi ces trois mots et tu découvriras mon pays enchanté. Celui-ci où nous sommes n’est pas pour toi. Écoute bien et répète : “ Vole, volage, nuage “.

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Notre dryade obéit; “ Vole, volage, nuage, “ répéta-t-elle de sa voix flûtée.

Ce fut alors qu’elle se sentit soulevée de terre et transportée haut, très haut, dans une mousseline de brume scintillante où s’ébattaient de jeunes êtres en tous points semblables à elle. Ses sœurs! Qui eût cru qu’elle pouvait en avoir? Qui eût jamais cru qu’il existât des dryades célestes?

Mais chut! Nul ne devra le savoir…!

Cela appartient à la légende. “

 

Maryse 15/02/2016

 

Les mots facétieux

Hapax : expression exclamative, traduisant l’infini soulagement qu’un peuple éprouve à l(occasion d’une armistice ! (Ah ! Pax !)

Dictame : nom masculin désignant un écrit résultant d’une profonde introspection. (ét.dict.âme)

Métempsychose : nom féminin action de conduire un être totalement sain d’esprit jusqu’à la folie (int. En psychose)

Blutoir : nom masculin (issu de l’anglais blue et du français histoire) raconter des anecdotes amenant à donner le cafard (le blues) à un auditoire.

Souquenille : attitude négative de quelqu’un qui refuse obstinément de souquer.

Infundibuliforme : adjectif. Aptitude d’un être humain ou d’un animal à se camoufler de manière à être introuvable dans un environnement quelconque.

La ronde de mots

A force de fumer la moquette, le malade imaginaire l’était devenu vraiment. Il avait abandonné toute vérité  au profit de mensonges délirants qu’il dispensait avec générosité, à qui voulait l’entendre, affublé d’un pantalon bariolé, l’air louche et hagard.

Hier encore, je l’avais croisé, courant quatre à quatre dans la neige et débitant des fadaises à propos d’un chat aux yeux bleus qui croquait des carottes. Du grand n’importe quoi ! Pauvre bougre !

Souvenir d’école – 3 points de vue

a)

La maîtresse avait pris un air sévère. Enfin, elle ne l’avait pas pris puisqu’elle l’arborait toujours.

 « Au piquet, tout de suite ! » le gamin avait d’abord protesté.

« Maiq mademoiselle !... »

« On ne discute pas !... » C’était sans appel. Le gosse d’environ huit ans s’était alors dirigé vers le coin gauche, au fond de la salle de classe. Blouse grise, chaussettes de laine tombant en accordéon sur ses chevilles fragiles, cheveux en bataille, et tête basse, résigné.

b)

Il y avait, en ce temps-là, des institutrices trop sévères et des enfants trop résignés. Pas comme aujourd’hui.  Moi, j’étais assise au second rang, dans la rangée du milieu. J’avais tout vu et je savais que Jojo n’avait rien fait, que c’était cette teigne de Marcel qui avait lancé la boulette de papier sur le tableau noir.

J’aurais pu parler, dénoncer l’injustice, mais nous étions dans un espace où on ne disait rien, où on subissait persuadé que toute révolte était coupable !

c)

« Je suis puni, comme d’habitude ! De toute façon c’est toujours de ma faute ! Je m’appelle pas Jojo pour rien. Jojo ! L’affreux Jojo. Tout le monde sait ça… J’ai rien fait comme souvent, mais ça sera moi, forcément ! Je dois pas pleurer. Ça les ferait tous rigoler. Pourtant un jour, ils verront, j’en suis sûr, je serai Président de la République. »

 



29/02/2016
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