Maridan-Gyres

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Texte libre

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Il est 16 heures ce samedi d’Octobre, je suis dans l’Intercités qui me conduit à Marseille, la météo joue l’été indien. Je vais séjourner chez Jacqueline une amie d’enfance que je n’ai pas revue depuis 20 ans. La semaine dernière, grâce à un réseau social sur internet, nous avons repris contact.

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Le train s’engouffre dans le tunnel du Rove, l’arrivée est proche.

La rade de la cité phocéenne apparait, mon cœur bat la chamade. Marseille : voici la ville où j’ai grandi.

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Sous mes yeux défilent le port autonome avec ses grandes grues, le nouveau quartier Euroméditerranée, les bateaux de croisières, ces nouveaux géants des mers, au loin le sanctuaire de Notre Dame de la Garde surnommée ici « la bonne Mère » gardienne et protectrice de la cité qu’elle domine, l’archipel du Frioul avec le château d’If, forteresse légendaire.

Marseille tu m’ouvres tes bras généreux, moi qui t’ai quittée il y a tant d’années. Je ferme les yeux. J’ai 10 ans.

 Je sens :

 

  • L’iode de la Méditerranée,
  • L’odeur des rascasses, des daurades dont les poissonnières emblématiques de la Criée sur le quai Rive Neuve font l’éloge.
  • Les senteurs d’épices, d’olives du marché des Capucins dans le quartier animé de Noailles au cœur de ruelles pavées, véritable invitation au voyage. Je m’y rends tous les jeudis matin avec ma mère. Nous prenons le tramway ligne 68, le receveur poinçonne nos tickets, nous accédons directement sur la place où nous côtoyons une population venue de tous les horizons.
  • Les relents de friture des panisses et des chichis frigis vendus à la plage des Corbières près de l’Estaque. Nous les dégustons en famille, après la baignade. Les éclats de rire pour enlever l’huile et le sucre collés sur nos doigts résonnent encore dans ma tête.
  • Le parfum des fèves de cacao grillées de la chocolaterie du Panier, quartier mythique le plus vieux de la ville, que je visite avec mes camarades de classe à la fin de chaque année scolaire.
  • Les fragrances de thym, de romarin, de ciste du parc des Bruyères dans le quartier de Saint Loup avec ses sentiers au sol caillouteux et sec que j’emprunte avec mes parents certains jours de congés.

 

Marseille de mon enfance, ce sont des couleurs :

 

  • Le bleu du ciel les jours de mistral, ce vent violent qui souffle fort en rafale, rend l’air limpide, glacial en hiver. Il fait résonner les haubans sur les mâts des bateaux amarrés dans le vieux port.
  • Le vert émeraude de la mer au Goudes « le bout du monde marseillais » à l’entrée du parc national des calanques, petit village de pêcheurs avec ses cabanons où je viens pique-niquer sur les rochers dès que les beaux jours arrivent.
  • Le blanc des galets qui me font mal quand je marche pieds nus
  • L’or des genêts que je ramasse pour offrir fièrement un bouquet le lundi à ma maitresse du CP Mme Jeannet.

 

J’ai la nostalgie de saveurs que je n’ai plus jamais retrouvées :

 

  • La soupe au pistou mijotée pendant des heures et son goût d’ail prononcé
  • Les sardines qu’un voisin pêcheur nous offre que l’on savoure grillées arrosées de vinaigre
  • La citronnade faite maison, un délice qui me désaltère les journées chaudes d’été.

 

Marseille, ton accent chantant que j’ai gardé, mon identité et ma fierté.

La voix d’un haut-parleur retentit, la gare ST Charles est annoncée. J’ouvre les yeux, je mets en pause ces pensées.

Sur le quai Jacqueline m’attend. Le temps est passé par là, des rides sur son visage, une silhouette épaissie, mais le regard reste inchangé.

Un flot d’émotions nous envahit, des larmes de joie inondent nos yeux.

Nous nous embrassons très fort, nous avons tant de choses à nous raconter et de souvenirs à partager.

 

Anna 13

 



15/12/2021
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