Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

Atelier 3 - 2019

Sujet 1 – loto rallye

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« Bon cœur »

 

Ma chère, dit le comte, en rehaussant ses lunettes dorées et en lissant sa moustache, je vous prie d’aller à l’essentiel. Que me racontez-vous là ? Que vous veut donc cette institution pour jeunes filles en difficultés ? Votre argent ? Vous pouvez passer du temps et faire des dons généreux, vous n’en aurez aucune gratitude. Comment en avez-vous eu connaissance ? Généralement ce genre d’organisation est une imposture.

La comtesse, habillée d’une toilette sobre pour aller visiter cet institut, était fort blessée que son mari la prenne pour une idiote irresponsable et mal informée.

Elle répondit :

« Mon cher, le refus de soutenir cette initiative ne serait pas digne des habitudes de ma famille. J’ai appris à fonctionner avec un sens de la justice et n’attend aucune reconnaissance. Je réponds à ce que me dicte ma conscience. Pourquoi raisonner avec tant de limites, mon ami, je vous invite à réfléchir. Vous-même avez connu par la passé l’abandon, laissé en garde chez une nourrice, qui certes vous a aimé, mais qui n’était pas votre mère, trop occupée à courir le « guilledou ». Voyez-vous, je me penche juste sur le destin de ces personnes démunies, comme je me suis penchée sur le vôtre antan, laissez-moi œuvrer »

Le comte sortit de la pièce en maugréant, alluma une pipe et resta convaincu que sa femme allait au-devant d’une bévue, mais c’était sa fortune, alors !!! Et il l’aimait pour ces excès de cœur, de bon cœur, de cœur sur la main, sa femme de cœur… il finit par sourire, une fois encore, conquis.

 

 2ème sujet traité ici :   https://www.les-mots-de-montpellier.com/atelier-3-2019-tautogramme-en-b

 

 

 

 

« Bizarreries au zoo »

 

 

 

Un Babouin en babouche baragouine entre ses babines des balivernes sur un bananier, Une babouine barbote dans un bain et se badigeonne de boue.

 

 

 

Un badaud en balade à bâbord d’une barque les bade en buvant une bière, Il a une balafre au bras, des baskets bizarrement bariolées, et un blouson aux boutons blancs.

 

 

 

Une blondasse en Blue jean et blouse bistre boit à la bouteille dans la baraque du bar, elle est bavarde et bébête, et baratine un baroudeur baba cool en bermuda brun. Il a une bicyclette biplace bleue. Elle se blottit contre lui, il bondit et bascule dans le bain de la babouine, il la bouscule mais la bête lui fait du bouche à bouche...

 

 

 

La blondasse bougonne, et, belliqueuse le bat avec un balai de bois. Mais le badaud à nouveau sur la berge braille. Une brigade brime la blondasse.

 

 

 

Le badaud et le bourlingueur battent en retraite vers la buvette. Le babouin et la babouine se bâfrent de baies et se butinent le bec…

 

 

 

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Sujet 3 

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Oeuvre de Maïlo :   http://www.artphotomailo.com/

 

L’arbre de lumières.

 

Je suis sur mon embarcation, comme chaque jour, à regarder des poissons blancs presque translucides. Je ne pêche pas, je contemple.

 

Leur nage est comme une danse, elle câline les petits cailloux et virevolte vers des rochers affleurant plus lointains.

 

Le silence occupe tout l’espace. Le ciel s’étale en robe de mousseline sur le bleu turquoise de l’eau. Elle frise à peine et ondule parfois sous les caprices d’une brise légère. Tout est si calme, je ferme les yeux et mon souffle joue un accord paisible…puis j’ouvre les yeux par intermittence… et je les referme pour goûter les images qui défilent en filigrane derrière mes paupières. Fugaces, elles s’évanouissent et mon cœur savoure les instants heureux suspendus entre les bulbes du sablier.

 

Au loin une musique prend son envol, juste quelques notes cliquetantes tintinnabulent. Séduit par leur joie, j’essaye de deviner d’où elles viennent, qui les chante, puis j’ouvre les yeux  doucement par peur de les effrayer et qu’elles ne s’enfuient. Les poissons translucides dansent toujours et tournoient au rythme des clochettes.

Le ciel a changé, il n’est plus pur, des nuages gris et blancs courent, jaloux les uns des autres. Ils veulent les faveurs de l’eau et s’empressent d’étaler leurs ombres. La lumière faiblit et j’aperçois la silhouette d’un arbre dénudé, sec, était-il là tout à l’heure ? Je ne sais plus. Il s’éclaire !

 

Que me raconte-t-il ?

 

« Il était une fois un rayon de lune qui s’était perdu entre les étoiles et ne savait où aller. Un moment d’inattention et il s’était décroché de l’astre argent. Il errait dans l’espace intersidéral sans repère. Il craignait de s’éteindre ou d’être réduit en poussière par le soleil. Porté par des vents interstellaires, il finit par se propulser dans l’atmosphère terrestre et fût recueilli par d’épaisses nuées. Elles parcouraient le ciel quand elles se mirent à pleurer comme bien souvent quand le froid les atteint, et le rayon de lune éclata en petites lumières blanches. Elles vinrent orner mes branches nues de petites ampoules et l’une d’elles resta accrochée au ciel pour guider les autres. Je suis un arbre heureux et quand le temps devient chagrin, je m’allume et j’offre mon décor de fête à qui passe et me regarde »

 

J’aime ton histoire, bel arbre, et je te rends hommage, tu réjouis ce jour déjà plein de beautés.

 

clohe

 

 

 

 

  



28/01/2019
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