Maridan-Gyres

Maridan-Gyres

Atelier 3 - 2021 - sujet 2

 

La tête dans les nuages et le pied léger elle avait pris sa décision. Cette fois c’était sur,  Nathalie en  avait assez de guider les touristes sur la place rouge, puis de boire du  chocolat au café Pouchkine.

Non ce quelle voulait (il y a longtemps qu' elle y songeait), c’était  vêtir sa plus belle robe, parer sa chevelure de magnifiques épingles, prendre son bâton, celui qu’elle utilisait  pour que les touristes la repère, sa petite valise et son oiseau magique. A partir de là tout était possible, elle le sentait au plus profond d’elle-même.

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Elle arriva assez vite prés de cette ville qu’on appelait Serov, c’était un petit bourg  très gai avec ses maisons colorées et ses arbres étranges qui donnaient des fruits délicieux et quelque peu enivrants, en effet elle avait entendu dire qu’ils avaient des propriétés grisantes et que c’était seulement certain soir qu’on pouvait y gouter.         

 

Ce qui la frappa c’était l’ambiance particulière qui régnait aujourd’hui. De la musique parvenait à ses oreilles, des cris, des rires se faisaient entendre. Elle comprit  ce qui était la cause de cette gaieté, quand  elle aperçut une funambule s’exercer sur un vélo  au beau milieu de la place. Elle était court vêtue et avait des formes généreuses  un sourire radieux éclairait son visage. Le plus étonnant ce n’était  pas le chat roux qui se tenait également sur le fil derrière elle, mais  le phénomène que provoquait l’artiste en jonglant avec les astres du jour et de la nuit , si bien que tour à tour la petite ville passait du jour à la nuit en une fraction de seconde.

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Nathalie était émerveillée, elle était sous le charme de l’atmosphère, de la singularité de ce quelle vivait, des  émotions troublantes  qui la traversaient. Elles se sentaient bien ici, devait elle s’arrêter là ? Devait-elle reconstruire quelque chose ? Oui sans doute, l’occasion était belle de laisser Moscou derrière elle de tirer un trait sur « sa vie d’avant ».

Elle tournait et retournait les questions dans sa  tête et, sans vraiment s’en rendre compte elle était arrivée au bord de la mer juste avant le déclin du soleil. Elle pouvait mesurer depuis la petite crique l’immensité des flots  et embrasser du regard l’horizon, comme une promesse bleue, elle percevait  un appel du vent vers quelque chose de nouveau, sa respiration sans même qu'elle en prenne conscience épousait le rythme des vagues calme et apaisantes.

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Aussi, elle ne fut pas vraiment surprise quand le bateau mouilla prés  du rivage. Certes, l’embarcation  avait quelques chose de baroque mais dans ce pays plus rien ne l’étonnait.

Elle vit s’approcher d’elle un matelot qui avait fière allure (décidément la beauté était partout dans cette cité). Elle était tout de même un peu contrariée que l’on vienne interrompre  sa rêverie, mais en même temps ce bel étranger, elle ne savait pas dire pourquoi, l’attirait. Quand il lui tendit la main elle fut frappée par la douceur de son geste, le contact de ses doigts fins, mais également par   la tendresse, la bienveillance qui émanait   de son regard.

 

Maintenant elle en était certaine, rien ne serait plus comme avant. Elle comprit que la transformation qui s’opérait en elle depuis son départ de Moscou arrivait à son point d’orgue.

Depuis  à Serov on raconte  avec fierté  les fiançailles du marin de l’ «Honeymonn »   et de la sirène Nathalie par une belle nuit étoilée.   

 

Ivoleine



19/04/2021
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