Maridan-Gyres

Maridan-Gyres

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Portait craché

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Maridan pour être sûre qu’on l’aime avait accroché deux cœurs mauves à son nom.

Elle passait le plus clair de son temps sur une branche de Ginkgo ; je crois que cet arbre lui plaisait parce qu’on raconte qu’en Chine certains d’entre eux auraient  plus de mille ans.

 

Elle affichait souvent un petit air boudeur (peut être admirait-elle Brigitte Bardot). Ses cheveux étaient assorties à ses tenues, elle tenait beaucoup à ces harmonies de couleur. Elle avait une amie, mais celle-ci ne la visitait qu’au mois de mai. Elle se faisait appelée Muguette.

 

Elle cohabitait (plutôt pacifiquement) avec un couple de tourterelles de qui elle exigeait le silence pendant ses moments de méditation.

Oui, je sais ! Vous allez me demander, comment elle occupait ses journées en dehors de la méditation, j’y viens chers lecteurs et, si vous avez  bien observé mon tableau, vous avez certainement repéré  la boule de cristal prés de Maridan.

 

Je peux vous dire avec certitude qu’il y avait foule au pied du Ginkgo les jours de consultations de notre devineresse.

Les colombes habituées à ces séances fermaient la porte de leur demeure. Maridan leur avait déjà proposé de leur lire l’avenir, mais elles avaient poliment décliné l’offre. L’avenir d’une colombe est tout tracé avaient elles fait savoir à leur jeune voisine.

 

Il faut que vous sachiez que le succès de notre prophétesse ne lui rapportait rien,  notre Cassandre ne se faisait pas payer. Mais ce n’était pas la seule raison qui transportait les foules au pied du grand arbre, c’était la spécialité de Maridan : les bonnes nouvelles, les récits d’un horizon joyeux, d’un destin enchanté, d’une vie comblée. À chacun(e) elle prédisait le bonheur, la richesse, la chance, la fortune.

 

Elle aimait par dessus tout distribuer de doux rêves et voir un sourire poindre sur une face rayonnante. Elle n’avait pas envie de voir les gens observer leur souffrance et perdre à cause de cela une partie de leur humanité.

 

Maridan le soir venu, quand elle profitait enfin seule de la compagnie de son arbre, se souvenait qu'enfant elle avait répondu à cette question embarrassante que pose souvent les adultes : 

 

« Que feras-tu quand tu seras grande ?»

« Je serai bienfaisante, clémente, attentionnée, chaleureuse et indulgente. Je serai amie avec un arbre, Muguette, deux colombes et le monde entier.

 

Ivoleine



24/06/2021
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