Maridan-Gyres

Maridan-Gyres

Atelier 7 - 2021 - sujet 5 image 4

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Peintures de vie  

C’est une guerrière, ce sont des peintures de combats qui recouvrent  ses traits. Elle les a choisies, elle les a voulues. Elle s’est  façonnée un visage paysage, certains veulent  y lire une histoire banale.  Elle sait qu’elle est en  lutte.

 

C’est un soldat,  elle se met en ordre de bataille, elle affronte le théâtre de la lutte. C’est  un matador qui rentre tout les jours  dans l’arène,  plusieurs fois par jour, elle se livre à une compétition, il n y aura d’autre vainqueur qu’elle-même, ce conflit il faut qu’elle  en sorte victorieuse.

 

Ces opérations militaires elle en connait toute les stratégies, il n’y aura pas de trêve, pas d’armistice, ce n’est pas elle qui a ouvert les hostilités, mais il a fallut qu’elle prenne les armes. Elle est  devenue une fine tacticienne.      

 

En réalité il n’y a pas de belligérants qui vivent, ils ne sont pas de chair et d’os. Ses  ennemis, ses adversaires  sont silencieux, mais elles les fréquentent depuis si longtemps qu’elle sait les nommer, elle les perçoit, ils lui transpercent la chair, lui grignotent le cerveau, parfois même elle a envie de se cogner la tète contre les murs. Ils  paralysent son énergie, ébranlent profondément son estime, à cause d’eux elle à l’impression de ne plus rien maitriser elle suffoque, étouffe, elle a la nausée, elle a envie de se dissoudre de disparaitre, d’ailleurs il y a deux ans de cela ils ont gagné…. elle a sauté ….

 

Puis il y a eu cette rencontre, belle, forte, salvatrice comme une respiration profonde celle qui apaise. Quelqu’un qui passe, qui vous fait vous  découvrir belle, aimante, aimable, capable de vous réparer, qui vous soutient, vous guide avec un profond respect de ce que vous êtes.  Un messager modeste et lumineux,  un porteur de bonnes nouvelles. Une belle personne qui lui avait permis de commencer à se regarder avec bienveillance.

 

Est ce qu’elle est entrée d’abord  dans cette boutique de matériel de beaux arts ?  Non, elle se souvient très bien avoir demandé au taxi de la déposer au musée du Luxembourg l’exposition peintres femmes 1780-1830, naissance d’un combat venait d’ouvrir. Bien sur elle connaissait Elisabeth Vigéé Le Brun, mais toutes les autres... Elle découvrit  que les femmes peignaient depuis l’antiquité ! Que la représentation de nue leur fût interdite. Il y avait un nombre considérables d’obstacles, de barrières, d’interdits, d’accusations d’immoralité pour museler leur créativité, et bien sûr il n’était pas question qu’elles se professionnalisent. Elle sortit de l’exposition avec un sentiment fort de sororité, sa visite au musée la confortait dans son désir de reconnaissance, son désir de s’émanciper de ses démons intérieurs.   

 

Elle était rayonnante, puissante quand elle saisissait ses pinceaux, cette rage qui l’avait si longtemps habitée, abimée  se transformait en croyance dans les forces de la vie, de sa vie. 

 

Désormais il fallait compter sur cette intelligence, cette pulsion de vie qui l’habitait. Elle  serait une femme artiste.

D’ailleurs c’était décidé, demain elle irait voir la galeriste du passage Gabriel  avec cette ferme  conviction que tout commençait …

 

Ivoleine   



20/05/2021
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