Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

Atelier du 4 juin 2014

1) Pour information les textes en italiques sont des conversations télépathiques. Aéria la mère biologique de Belangèle réside sur une autre planète.

 

Galachiaf approche, et tout ce que voient nos amis ressemble à un vaste chaos. La planète semble entourée d’un halo de matières diverses qui vont devoir être éliminées pour passer. Aérius qui pilote notre vaisseau semble très inquiet.

 

  • Jamais nous n’arriverons à passer cette masse hétéroclite. J’ignore ce qui compose ce nuage. Et les radars me renvoient des échos sur une épaisseur de presque un kilomètre.
  • Que pouvons-nous faire ? demande Belangèle très inquiète
  • Je l’ignore ! Nous n’avions pas prévu cela. À son dernier voyage, Protélis nous a affirmé qu’il existait un passage. Le problème, c’est que je n’arrive pas à le trouver. Je vais refaire un tour, cela me prendra quelques heures, j’en suis navré, mais sans ce passage, il nous faudra renoncer à nous poser sur cette planète.
  • Tu n’y penses pas ! Comment pourrai-je obtenir la pierre, si je ne vais pas à la rencontre d’Eldosiran ?
  • Essaie de contacter Aéria, peut-être que les Protozéens accepteront de te télétransporter.
  • J’essaie depuis un moment, mais elle ne me répond pas.
  • Essaie encore, tu en as le pouvoir, alors utilise-le.
  • Je vais essayer une fois encore.

Belangèle ferme les yeux et tente une nouvelle fois de joindre sa mère.

 

  • Mère ! Mère viens à moi, nous avons besoin de ton aide pour continuer cette mission.
  • Pardonne-moi Belangèle, j’étais occupée.  Astrakor rassemble ses troupes, nos informateurs nous ont prévenus qu’il allait tenter une prise de possession de Moonia. C’est pourquoi je ne pouvais pas te répondre. Magicus semble avoir retrouvé ces esprits.
  • Pourquoi ?
  • Il a mis en place un envoutement, pour retarder les projets de ce scélérat, mais il ne tiendra pas longtemps.
  • Qu’a-t-il fait ?
  • Il a ralenti le temps sur Humania.
  • Ne peuvent-ils pas s’en rendre compte ?
  • Non, seuls nos amis le savent, mais ils sont à l’abri, ne t’inquiète pas.
  • Maman, peux-tu nous aider à rejoindre la planète ? La ceinture qui entoure Galachiaf semble impénétrable. Aérius entame le second tour, mais nous n'apercevons toujours pas d’ouverture.
  • Je prends contact avec Protélis et je te rappelle. Tenez bon, vous allez y parvenir.
  • Merci, maman, à tout à l’heure.

 

Belangèle se redresse. Aérius paraît très concentré.

 

  • Je ne vois aucun passage. As-tu pu contacter Aéria ?
  • Oui, elle nous rappelle, le plus vite possible.
  • Alors inutile de continuer à tourner. Nous allons profiter de ce laps de temps pour nous reposer. Népullio, peux-tu prendre le prochain tour de garde ?
  • Bien entendu, reposez-vous tous les deux. Psyla et moi veillerons à ce qu’aucun débris ne vienne nous percuter.
  • Merci ! Viens ma fille, allons nous allonger.

Tandis qu’ils rejoignent leurs couchettes, Belangèle se rappelle les propos de Protélis au sujet de cette planète peu accueillante.

"Les Galachiens sont un peuple barbare. Ils t’aideront parce qu’ils n’auront pas le choix, mais ne leur fait jamais confiance. Ils ont fait de leur monde un vaste dépotoir. Il subsiste très peu de végétation sur leur terre. Les seules espèces qui poussent encore sont celles qui leur apportent des richesses supplémentaires. Les rues, les maisons, les lieux de plaisir, tout est noir. Je n’ai jamais vu, même dans les autres galaxies, une planète avec aussi peu de couleur. Si le monde végétal est quasi inexistant, que dire du monde animal ? Il semble n’y avoir sur cette planète que des engeances destructives. Les animaux qui restent encore sont extrêmement dangereux pour les êtres vivants. Ils adorent les combats de boxinons. Ces horribles animaux sont dotés de cornes redoutables qui peuvent pourfendre un arbre. Alors que dire du corps d’un homme ? Les femmes ne sont pas plus civilisées, ce sont de redoutables guerrières. Les accouplements sont d’une bestialité à nulle autre comparable, même chez les espèces carnassières. Ils se reproduisent peu, car tout homme qui s’approche de trop près d’une galachienne sait qu’il risque sa peau. C’est donc un peuple qui a recours à l’insémination artificielle. La population ne se développe pas. Il remplace les morts uniquement. Leur habitat comme le reste est sinistre. Les maisons sont spartiates. Un lit, une table pour manger et quelques chaises. Jamais plus de trois par famille, si on peut appeler famille un homme et deux enfants ou une femme et deux enfants. Ils ne sont guère plus tendres avec leurs enfants qui n’ont d’autre but que d’assurer les travaux de leurs parents quand ceux-ci vieillissent. À soixante ans, ils sont recyclés en nourriture pour les plus jeunes. La mort chez eux fait partie de la vie, ils n’ont ni croyances ni religion. Si par malheur une femme donne naissance à des jumeaux, le second sera exécuté sans pitié."

 

La description de ce monde m’avait emplie d’effroi. Comment une telle horreur avait-elle pu prendre corps ? Personne chez les Galachiens n’avait vu où leur folie les entrainait. Devant mon air ahuri, Protélis avait ajouté que les Humains qui sont issus des Terriens avaient eu beaucoup de chance de ne pas reproduire la folie de leurs ancêtres.

  • Si tu avais vu la Terre avant les années 1950, tu saurais que les hommes ne sont pas si différents que cela des Galachiens. L’homme porte en lui les germes de son autodestruction.

Ce soir-là, Belangèle avait eu un sommeil peuplé de cauchemars, mais l’arrivée devant Galachiaf semblait confirmer les dires de Protélis, elle y voyait des mauvais augures. Elle sentait que cette mission serait plus difficile à remplir que les quatre premières. Néanmoins, elle tenta de ne plus y penser et s’allongea avec le sentiment que peut-être, elle n’aurait pas avant longtemps l’occasion de se reposer à nouveau.

 

Combien de temps dormit-elle ? Elle n’aurait su le dire. Cependant, la voix de sa mère la tira d’un cauchemar sans fin et c’est avec soulagement qu’elle lui répondit :

  • Oui mère, je suis éveillée, alors que pouvons-nous faire ?
  • Nous avons un problème. Protélis veut bien te transporter, mais uniquement toi et je t’avoue que je ne suis pas certaine de vouloir courir ce risque.
  • Pourquoi, ne peut-il pas télétransporter mes compagnons de voyage ?
  • Parce que cela reviendrait à enfreindre ses accords avec Galachiaf.
  • Alors, que puis-je faire ?
  • J’aimerais que tu utilises le pouvoir de Furia.
  • Maman c’est impossible ! Tu sais bien que j’ai du mal à le maîtriser !
  • Je le sais ma chérie, mais écoute moi attentivement. Tu seras télétransportée par Protélis. Une fois sur place et avant d’entrer en contact avec les Galachiens, tu te rendras dans un endroit peu fréquenté. Protélis va te poser près d’un vaste dépôt d’ordures. Une fois rendu à cet endroit, tu te concentreras sur l’un de nos ennemis. Choisis celui que tu hais le plus. Et pousse le feu de Furia vers l’anneau qui entoure la planète.
  • Maman ? je ne sais pas si j’aurais la force de m’arrêter, à chaque fois, que je me suis servi de ce pouvoir cela a failli tourner à la catastrophe.
  • Ne t’en fais pas, pour l’occasion, mes sœurs et moi serons là pour t’assister.
  • Allez-vous me rejoindre ?
  • Bien sûr que non ! Tu sais que c’est impossible, mais nous allons fusionner nos esprits. Nous te transmettrons nos pouvoirs. Tu pourras ainsi utiliser nos dons pour te maîtriser.
  • J’ai peur ! Es-tu certaine que je pourrai m’arrêter ? Je crains de tout détruire. Je risque de pulvériser notre vaisseau.
  • Non, j’ai demandé à Aérius de migrer vers l’autre extrémité de la planète. Lorsque tu ouvriras le feu, il sera hors de portée. Ne te laisse pas perturber par ce que tu vas découvrir. Il y a longtemps que plus personne ne se rend sur Galachiaf et je crains que cela ne soit pas très présentable. Le mieux, je pense, est que tu utilises le feu dès que tu seras au point que t’indiquera Protélis.
  • Très bien, je vais essayer.
  • Je n’en doutais pas, ma chérie. Protélis ne va pas tarder, tiens-toi prête !

 

Aéria a disparu, je me prépare rapidement. À présent, je sais que lorsque j’utilise ce pouvoir, je me brule souvent, du coup je m’habille avec la combinaison que Psyla a fabriquée pour moi, elle me protègera des brulures. À peine ai-je terminé que Protélis apparaît.

  • Êtes-vous prête ?
  • Oui, je vous remercie.
  • Alors, allons-y !

À peine a-t-il posé la main sur mon épaule que tout autour de moi la pièce se met à vibrer. L’horizon se floute et je me sens aspirée vers le vide sidéral. Mes yeux suivent avec curiosité le chemin que nous prenons à travers le nuage de détritus. Je m’aperçois avec horreur que  beaucoup de choses semblent des débris de vaisseaux, il y a aussi des cadavres en décomposition, des os, des arbres desséchés. Quel est donc ce monde de désolation ? J’ignore comment c’est possible, mais pas un objet n’entre en collision avec moi. Après ce qui me semble un temps très court, je me retrouve sur le sol. La terre est sombre, pas le moindre brin d’herbe. Tout est sinistre ici. Même le ciel, il règne en cet endroit une puanteur terrible, j’en ai la nausée. Je suis au cœur de ce qui ressemble à une décharge.

Comment un monde peut-il en arriver là ?

  • Il n’est plus temps de penser à autre chose, tu as à peine deux minutes pour utiliser le feu de Furia, après les gardes seront là. Vas-y maintenant.

À peine a-t-il dit ces mots que Protélis disparaît. Je me concentre sur l’anneau qui obscurcit le ciel de Galachiaf et je pense alors au ténébreux, ce monstre qui nous a fait tant de mal, je crois que de tous c’est vraiment celui que je hais le plus, je pense, à la tendre épouse d’Éric, à sa mère que ce monstre détient toujours. Et c’est vers lui que je laisse le feu m’envahir. Les voix de mes tantes et de ma mère m’accompagnent alors.

  • C’est bien mon enfant, à présent vise l’anneau. Concentre ta colère en un point bien précis, c’est ton ennemi qui est là, tu peux l’atteindre, laisse partir ta colère.

C’est comme un vent qui se soulève, mes jambes quittent le sol nauséabond, les odeurs pestilentielles se dispersent et venue du fond de mon ventre la colère tend mes bras en un puissant jet de flammes qui s’élancent vers le ciel. Le bruit éclate alors, et de tous les côtés du ciel tombent des détritus calcinés. Il semble y avoir au-dessus de moi comme une bulle qui me protège....

(la suite dans le cinquième tomes des aventures de Belangèle)

 

Maridan 4/06/2014


2) Science-fiction, yucca, rigoler, stylo, hoquet, attendre, fascination, délivrance, détruire.

 

L’avenir de notre monde est pure science-fiction

Que restera-t-il de nous, lorsque nous aurons tout détruit ?

Deux ou trois yuccas, et leurs araignées poison

Inutile de rigoler, nous sommes tous maudits.

 

Alors j’ai pris ce stylo pour hurler ma colère

Un hoquet m’étouffe, quelle galère !

À quoi bon attendre que vienne la fin !

Nous détruisons tout, sans remords, aucun.

 

J’observe avec fascination, les nantis délétères.

Quand viendra la délivrance ? La fin de l’argent roi ?

Faudra-t-il donc tout détruire de notre Terre

Pour que ces dégénérés retrouvent la foi ?

 

Maridan 4/06/2014

 



06/06/2014
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