Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

L'atelier du 9/04/2014

2)

Image du Blog lamistitine.centerblog.net

Belangèle s’est endormie. Elle ouvre soudain les yeux, et ne sait plus si elle rêve, ou si elle sommeille encore. Que dire de la situation dans laquelle, elle se trouve ?

Tout d’abord, elle est allongée dans une arche de pierre, sa robe déborde dans un vide sans fin, mais d’un bleu si pur, qu’il ne l’inquiète en rien. Autour d’elle, volent deux colombes et deux anges visiblement animés de bonnes intentions à son égard, mais ce qui la fascine le plus, c’est sans aucune hésitation possible ,les deux visages immenses qui veillent sur elle avec bienveillance

Première chose savoir si elle rêve ou si c’est la réalité.

Qui sont ces deux femmes ?

De quelles planètes viennent-elles ?

Que lui veulent-elles ?

Que vient faire cette vision dans sa quête ?

Que signifient les colombes et les anges ?

Pourquoi aucune de ces créatures ne lui parle ?

Doit-elle tout deviner ?

Autant de questions auxquelles, elle va devoir répondre et vite.

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3) 

Elle s’était endormie, épuisée, après toutes les épreuves qu’elle avait dû traverser sur Moonia. Vaincre l’armée des ombres s’était révélé impossible, mais contre toute attente c’est son père Ezarel qui lui avait permis de remporter la seconde pierre du pendentif, la précieuse pierre de lune. L’Obscur avait été vaincu et grâce à ses nombreux amis, elle avait échappé à la sinistre goule Félonia et aux projets du Ténébreux qui voulait faire d’elle une Maîtresse des enfers.

Il reste là, tapi dans l’ombre. Il a perdu une bataille, mais pas la guerre. À présent, il se chargera lui-même des basses besognes et cette fille lui appartiendra ou elle ne sera plus. Il s’en fait la promesse. Nul ne pourra plus lui ravir sa proie, cette fois, c’est une promesse qu’il se fait.

À mille lieux de là, sur Humania, la jeune élue se repose enfin. Psyla et Népulio, ses parents adoptifs, l’ont ramenée sur sa planète originelle. Ils ont appris qu’Astrakor le cruel était parti à l’assaut de Moonia. Il cherche à étendre son territoire, car son peuple se reproduit si vite que leur belle Harmonia n’y suffira bientôt plus. Grâce aux Nymphes des mondes magiques, ils ont réussi à dissimuler une grande partie des territoires préservés, mais, il leur faut conquérir les dernières pierres et vite. Sinon, les astruciens finiront par détruire cette magnifique planète. En quinze spils, ils ont détruit tout ce qui faisait la beauté de leur capitale Harmonis. Aujourd’hui, elle n’est plus qu’une ville grise, sinistre, polluée et plus un brin d’herbe, plus une fleur ne s’épanouissent dans ses murs. Seules subsistent ces tours immenses, telles d’horribles fourmilières où se pressent des astruciens toujours plus nombreux et dont la seule préoccupation semble être celle de se reproduire.

Psyla songe à tout cela. Comment aurait-elle pu imaginer que son peuple, autrefois pacifique, sous la houlette de ce chef barbare, finirait ainsi. Mercenaire à la conquête de Nouveaux Mondes qu’il finissait toujours par détruire, faute de vue à long terme. Astrakor était un guerrier pas un politique.

Psyla et Népulio avaient fui sa barbarie, tenter de prévenir les humains de ce que ce forban préparait, mais ils n’avaient pas pu empêcher l’invasion ni la destruction de la magnifique ville d’Harmonis.

Psyla passe la tête dans la chambre de sa fille adoptive et constate avec soulagement qu’elle se repose. Visiblement son rêve est agréable, car elle sourit. Rassurée, elle rejoint Népulio à la cuisine.

-          La petite se repose enfin, il était temps que nous rentrions, elle était épuisée. J’ignore quand Aéria la renverra en mission. J’espère qu’ils vont lui laisser le temps de se détendre et de reprendre quelques forces.

-          Ne t’en fait pas ma douce, Aéria, tout comme toi, tient beaucoup à ce que sa fille ne s’épuise pas. Tant d’espoirs reposent sur ses frêles épaules. Profitons du temps qu’ils lui ont accordé pour se reposer et changeons-lui les idées. Son prochain voyage sur Harmonia devrait être plus plaisant.

-          Il n’empêche que je reste inquiète. L’Obscur a promis de se venger. Il ignore qu’Ezarel nous a aidés à vaincre la goule, mais que se passera-t-il, s’il le découvre ?

-          Évitons d’en parler, cela doit rester secret, et hormis dans cette maison, partout les murs ont tous des oreilles.

-          Tu as raison Népulio ! Psyla n’oublie pas que l’Obscur est en guerre contre nous, il peut être partout où nous sommes. Sauf dans cette maison. Dans tout autre endroit, cette conversation nous aurait tous mis en grand danger. Ne commets plus ce genre de gaffe.

-          Je sais très bien qu’ici nous ne risquons rien ! Je ne suis pas aussi sotte, que tu penses le croire !

-          Ne te fâche pas Aéria, tu sais combien Psyla aime ta fille, elle est très inquiète.

-          Je le suis aussi mes amis, mais nous sommes tous à la surveiller, et pour l’instant Éric l’a conduite en Ephorel, où la suite de sa mission va lui être révélée.

-          Je comprends pourquoi elle souriait, il parait que c’est un endroit merveilleux.

-          Tu as raison Psyla, c’est l’endroit où toutes les magies se retrouvent unies en un royaume où tout est absolument merveilleux. Peu d’humains peuvent se vanter d’y avoir été invités. C’est un grand privilège que les elfes ont offert à notre enfant. J’espère que tout ira bien pour elle.

-          J’en suis sûr. Ne soyez pas si inquiètes toutes les deux, Éric ne permettra pas qu’il lui arrive quoi que ce soit.

C’est sur derniers mots que l’échange se termina avec Aéria. Népulio et Psyla, enfin rassurés, partent se coucher eux aussi.

Belangèle vient d’ouvrir les yeux. Ce qu’elle voit la bouleverse. Où diable peut-elle bien être ? Cet endroit est extraordinaire. Lentement elle s’assoit. Elle est allongée sur un lit de pierre recouvert d’un matelas fort moelleux. Des draps d’une douceur merveilleuse recouvrent son corps. Lorsqu’elle regarde le bas du lit, elle s’aperçoit qu’il n’y a rien, hormis quelques nuages qui passent de-ci de-là, au-dessus d’elle, une fort belle arche de pierre recouverte d’un liseron doré puis au-dessus, une fois encore le ciel bleu agrémenté de quelques nuages épars. Comme c’est étrange, elle est suspendue au milieu de nulle part. Comment est-ce possible ? Si elle sort de son lit, chutera-t-elle dans le vide ? Elle se pose des tas de questions lorsque soudain, deux anges viennent vers elle en souriant.

- Bonjour, pouvez-vous me dire où je suis ?

Pas de réponse ! Ils se mettent chacun d’un côté de l’arche de pierre et continuent de lui sourire. Puis viennent deux jolies colombes. Elle tend la main et l’une d’elles vient se poser délicatement. À sa patte, elle découvre un petit étui qui semble contenir un billet. Lentement, elle dévisse le capuchon et découvre étonnée, un message d’Éric.

« Bonjour Belangèle. Grâce à Axell, j’ai pu obtenir l’autorisation de te conduire en Éphorel. Tu es à la porte des mondes. Ce passage est l’unique ouverture vers le monde des Titans. C’est par là que tu devras passer pour l’une de tes futures missions. Ils vont t’envoyer deux émissaires. De ce qui se passera entre vous dépendra la suite… Sois prudente Belangèle ! Tu vas rencontrer des dieux, ne prends pas ombrage de leurs paroles. Et ce quelles qu’elles soient. Ils pourraient te briser en mille morceaux et tu auras besoin de leur aide pour poursuivre ta quête. Toutes mes pensées t’accompagnent. Dans ce voyage tu es et tu resteras seule, prends garde à ton côté impulsif ! Réfléchis longuement avant de leur donner une réponse. Tu n’auras pas de seconde chance avec eux. »

Le mot s’arrêtait là. Pas de bisous, pas de tendresse ou quelques signes que ce soient pour dire qu’il se faisait du souci pour moi. Qu’avais-je donc imaginé ? Je laissais mes pensées mélancoliques m’envahir quand soudain, je sentis qu’on m’observait. Je tournais la tête vers mes deux anges, mais leurs regards allaient vers le haut de l’arche. Je fis comme eux et découvris les deux plus grands visages qu’il m’ait été donné de contempler. Deux femmes gigantesques me regardaient.

L’une d’elles avait un regard acéré, perçant d’un bleu étonnamment clair et froid. Son visage était si grand, que je ne voyais pas sa bouche dissimulée derrière l’arche. L’autre penchée vers moi avait un profil très doux et semblait, de prime abord me faire confiance.

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4a) 

Il y a dans les bras de ma mère,

Comme un vide abyssal, je suis en mer,

Perdue dans le cœur du néant. Le maire

De notre petite ville sans

Autre avenir que celui du sang

Tient des promesses aux cents

Premiers crétins ayant voté pour lui. Je sens

Dans son discours adressé aux sots

Qu’il aura beau faire fondre son sceau

Au dos de  l’édit, c’est dans un seau

Que finiront ses discours. Lui dans un saut

Ira vers le vide, avant de devenir tout vert

Et de finir mangé par des gros vers

Moi, je terminerai ce poème en vers

Après avoir bu dans un grand verre

Puis, j’irai en courant vers

Toi, avec ma pantoufle de vair

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4b) 

 

La mère, prend la mer, rencontre le maire qui lui dit : Va faire un saut dans le vide, car mon sceau n’est pas pour ton pauvre sot qui ne mérite que le seau d’eau. Si d’aventure, mon sang, tu voulais voir couler, garde-toi des cents qui me protègent, sans qui je le sens,  je finirais manger par les vers. Dieu merci, mon verre est plein, et avant que les vers ne me dévorent, j’irai cueillir le raisin vert avec ma pantoufle de vair, tandis que tu conteras en vers ma triste fin.

--------------------------------------------------------------------------4) 

5)

La fée s’est avancée vers Ogribar.

-          Bonjour, mon ami, comment vas-tu ?

-          Très bien et toi bel ogre ?

-          Oh moi ! Cela dépend des jours et aujourd’hui est un jour sombre !

-          Sombre ! Allons bon que t’arrive-t-il ?

-          Mes amies ne sont pas venues, pourtant elles me l’avaient promis.

-          Allons ! Un peu de courage, tu ne vas pas pleurer tout de même ?

-          Certes, mais quand même ! Une promesse est une promesse. Pourquoi ne sont-elles pas venues me voir ?

-          Allons gros bêta ! Veux-tu que j’aille me renseigner ?

-          Oh ! oui Mélusine, tu es très gentille. Je t’attends là !

Mélusine a regagné les bois. Elle est préoccupée, depuis quelque temps, les ténèbres se rapprochent et elle se demande, si la raison de l’absence des amies d’Ogribar ne se situe pas dans cette oppressante présence. Arrivée près du grand chêne, elle interroge Maitre hibou :

-          bonjour, vieil ami ! As-tu vu les fées du lac, ce matin ?

-          Oui, et elles étaient très excitées, je me suis demandé ce qui pouvait bien les mettre dans cet état.

-          Dans la grande famille des fées, il est très peu courant de nous voir autrement que sereines. Cette agitation  ne me dit rien qui vaille. Peux-tu me dire vers où, elles sont parties ?

-          Bien sûr, elles ont pris la route de l’ogre.

-          Tu en es sur ?

-          Absolument, même que le troll les suivait à distance.

-          Le troll ! Quel troll ?

-          Lucius celui qui depuis des années cherche à abattre le grand chêne, sans succès.

-          Ah ! Ce vilain, je file, je dois les retrouver et rapidement. Tout ceci ne me dit rien qui vaille. Au revoir, Monsieur hibou !

-          A bientôt Mélusine !

Quel casse-tête !  Voilà que maintenant, il y a un troll qui se rajoute aux ténèbres. Ah non, elle n’aime pas cela du tout. Elle file rapidement, suivant la piste qu’ont empruntée les petites fées. Soudain, à l’embranchement du chemin qui mène chez l’ogre, elle remarque que la terre est brulée. Une grande frayeur s’empare d’elle. Non, on n’a pas fait du mal à ses chères petites fées.  Elle file à toute vitesse à présent. Elle arrive au pied du vieux frêne et remarque aussitôt qu’à cet endroit précis de nombreux pas se sont arrêtés.

-          Bonjour, mon ami, as-tu vu mes amies passer par là

-          Oui, elle suivait le bijoutier des trolls. Apparemment, elles m’ont parlé d’un collier pour leur ami.

-          C’était il y a longtemps ?

-          Une bonne heure pourquoi ?

-          Parce qu’Ogribar s’inquiète.

-          Pars le rassurer, elles ne tarderont plus à présent.

-          Dis-moi c’est quoi ces traces de feu ?

-          Rien de grave, c’est le bucheron qui a fait bruler les mauvaises herbes.

-          Merci, mon ami, je cours avertir notre ami que ses petites fées sont en route pour le retrouver.

Arrivée chez Ogribar, elle n’a pas le temps de lui dire où sont ses amies, qu’elles arrivent en volant.et offrent à leur ami enchanté, le magnifique collier qu’elles ont fait réaliser pour lui. Comme toutes les soirées entre amis, elles finissent la journée dans un grand feu de joie avec tous les amis de la forêt. Ogribar ravi et comblé passera la fête en chantant pour ses minuscules amies.

 

Maridan 9/04/2014



09/04/2014
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