Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

L'humour de Gérard.

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A  entendre,  ces flots d’âneries -et je reste poli- tous les matins à la radio, lorsque je contemple dans le miroir mon visage fripé, je flippe. Tiens, ce lundi, Angela, reine Outre- Rhin, une nouvelle fois  adoubée par ses sujets, nous mène encore en bateau. Elle parle comme d’hab, de rigueur, de se serrer la ceinture -mais la mienne n’a plus de trous-. On dirait un robot cette femme à la  bouille de copine.  L’inverse d’une Walkyrie, avec ses faux airs de rigolote des camps scouts de la RDA, avec ses cheveux à la garçonne qui doivent faire rire K. Lagerfeld. Ce n’est pas notre Bécassine Bretonne, mais un  automate  vrai de vrai, fabriqué de l’autre côté du rideau de fer. Elle voudrait nous donner des leçons à nous petits français.

Pateline, détenant la vérité, on le sent même  au ton du speaker qui nous traduit. Tiens, c’est François qui lui apporte des fleurs de lys ce matin, va savoir pourquoi. J’aurai plutôt pensé à  une rose rouge bien piquante.  Comme du temps du petit agité, ils sont inséparables ces deux là.

Lui, on dirait qu’il  se contente d’être petit prince obéissant, sans planète, sans pédalo, faute de mare aux nanards : un vassal, trop heureux d’être là. Mais non, il négocie, il « compromissionne ». C’est un vrai maître, nous dit-on, dans l’art du compromis. Ce n’est pas Talleyrand,  mais il a été formé un autre François, très vintage celui-là.

Facile de se moquer des dirigeants, mais c’est gagné, je pars morose pour mon petit boulot, via le tramway. La crise, les impôts, les roms,  la grisaille au dessus de la tête, tout cela m’est  rendu plus supportable par la  musique douce diffusée entre 2 pubs de deezer depuis le smartphone. Pas encore les moyens, ni l’âge, ni la culture nécessaire pour être un  beauf révolté, du genre indigné  - néo- soixante-huitar, assénant aux collègues de loisirs et de séances de développement personnel à 25 balles de l’heure,  des « ya qu’à » et des « pi tu sais »,  mais j’y aspire. 

 

Et mardi sur Europe 1, tellement  affolé  par ce qui est annoncé que je n’arrive pas à faire mousser mon savon à barbe, aie, me voilà balafré au menton et le sang qui coule. J’ai toujours eu peur du sang et c’est pour cela que je n’ai pas pu faire infirmier comme mon frère. Ma mère me le disait : attention mon enfant, tu as la peau fragile, ton oncle était hémophile !  Ca va faire jaser au bureau ce sparadrap. Un nouveau sondage auprès d’un échantillon de 50 personnes représentant la société civile (il doit y avoir une société incivile dans les banlieues qui elle, n’est pas sondée, car personne ne s’y aventure, même par téléphone). Il nous dit que 80 % des français sont pessimistes sur leur avenir et que leur moral est au plus bas depuis 1939. On nous sonde sur tout : sur le poids des cartables -pauvres petits dos-, sur le temps pourri, sur les fins de mois difficiles, avez-vous peur du chômage ? Peur de la retraite ? sur la viande de cheval à base de canassons roumains dont certains nous dit-on auraient trimé aux champs et tiré des roulottes de gens du voyage (bigre !) avant d’être transformés en lasagnes à destination de nos supermarchés et de nos cantines, sur le nombre relations sexuelles  des français (il paraît que la une moyenne est  supérieure à  celle de nos voisins européens -sauf nos amis italiens- Voilà pourquoi, certains bossent davantage et voilà que cette dernière info  me plombe pour la journée et davantage. On en a marre, vite un sondage pour dire qu’on en a marre ! Maudite société du spectacle.

 

Mercredi, j’écoute radio classique, c’est moins intello que France Musique, mais cette radio ne connaît pas la crise et les coupes du service public, vu qu’elle est  un véritable service privé qui gère bien. Il y a des pubs marrantes sur cette station , du genre : avez vous essayé la dernière Porsche son moteur de 265 chevaux lui permet d'atteindre les 100 km/h en un peu moins de 6 secondes ?  Suivent des  pubs, pour le champagne Moet, pour la banque machin et un spot de la prévention routière nous disant de conduire lentement et à jeun.  Entre le Requiem de Mozart et Eve Ruggieri  qui se pâme, pas moyen d’échapper aux résultats d’une étude scientifique réalisée par des chercheurs esquimaux sur le réchauffement climatique. Zut, il m’était sorti de mes préoccupations celui-là avec le dernier  printemps glacial. D’ici l’an 2500, le climat du Groenland, sera celui de Cannes aujourd’hui. C’est donc le moment d’investir là-bas ! Mais en altitude, au moins 200 m au dessus du niveau de la mer.

Je me désespère à voir dans le miroir du matin  l’effet que font ces infos sur ma déjà triste figure. Il n’y a plus rien à faire  si ce n’est, s’enfermer sous terre et attendre la fin du monde.

 

Le jeudi, les prévisions météo du week-end ne sont pas bonnes, encore le réchauffement me dis-je !

 

Vendredi, je pense aux prochaines grasses mâtinées où généralement je me fends d’un Expresso et croissant décongelé bio porté à ma chérie, mais voici qu’une info se cale dans mon oreille distraite. Attention, c’est  l’émission économique de France Inter rien que du sérieux : la dernière fabrique de lacets française qui occupait 5 ouvriers dans un village de l’Aveyron, vient d’être délocalisée au Vietnam, technologie comprise. Décidément, pas moyen de rigoler. Comment être heureux aujourd’hui à tout ce qu’on nous assène ? Fido mon fidèle compagnon me réclame son sucre : refusé. Samedi, une enquête scientifique captée à 10 h, au saut du lit, nous dit que l’espérance de vie des chiens serait réduite de 3 mois à cause du sucre. 3 mois dans une vie de chien, c’est 5 ans pour un humain. Grrrr, pas formidable cet Expresso à l’aspartame. Ai-je  jeté ma radio ? Zappé google actualités ? Mis aux orties les pubs ?  Eh bien non.

 

Gérard 9/10/2013



17/10/2013
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