Les mots de Montpellier

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Une bien fat personne - newsletter

 

J’étais devant un challenge impossible. Devant moi, un kilo de topinambours, trois tomates, de l’ail, du beurre, du sel, poivre et avec ça, je devais réaliser une délicieuse recette pour accompagner un rôti de veau. La pauvre néophyte en cuisine, que j’étais, commençait à se demander pourquoi, elle avait pris un tel risque. Quel mauvais génie m’avait poussée à me mettre ainsi en avant ?

 

La journée avait, pourtant, plutôt bien commencé. Mon ami, le général Berthier, nous avait invités à visiter son navire. Ce bâtiment servait de base aux plongeurs-démineurs de la marine française. N’ayant pas le talent de Socrate pour la maïeutique, je m’étais contentée de poser mille et une questions, au général, sur ce bâtiment et ses missions. Profitant de cet esprit brillant pour me cultiver un peu plus. Cette journée aurait pu se terminer là-dessus et je serais rentrée ravie chez moi.

 

Hélas ! Le général, ravi de mon intérêt pour sa mission, nous convia à dîner chez lui avec sa charmante épouse. C’était ses propres termes ! Mais à notre grande déconvenue à tous, la femme du général n’était visiblement charmante qu’avec lui. Nous avons découvert une maîtresse de maison rigide, déplaisante et très orgueilleuse. Mon ami Pierre eut le tort de la complimenter sur son entrée, joliment préparée, il faut bien le reconnaître. Et démarra alors, un long monologue sur ses incroyables talents culinaires.

J’étais la seule femme de l’assistance, et la seule à avoir osé bailler, au bout d’un moment trop long pour moi. La vilaine personne me demanda, de manière très impolie, si je savais faire mieux qu’elle en matière de cuisine ? Ma foi, lui répondis-je, je n’ai jamais fait de concours de ce type. Le général, très amusé par ce crêpage de chignon et connaissant mon fichu caractère, s’empressa de prendre les paris.

 

« Je parie un zloty sur ma douce épouse. »

 

Puis ce fut le tour des autres. Vexée, j’avais relevé le défi et j’étais là impuissante devant ces horribles légumes et cette viande rosâtre qui me dégoutait profondément moi qui étais végétarienne.

 

Pendant mes précédentes tentatives, j’avais découvert la signification du mot tribologie. Curieusement, j’avais vu adhérer certains ingrédients dans la casserole qu’ensuite, je n’avais pu décoller. L’adhésion ayant été parfaitement réussie. J’avais exploré l’usure par abrasion en frottant comme une malade ma nouvelle casserole avec une paille de fer. Résultat ! Casserole foutue. J’avais compris aussi l’usure par fatigue, car finalement désespérée et incompétente notoire, j’avais finie affalée au fond du canapé à chercher désespérément une solution pour ne pas perdre la face. J’ai téléphoné à maman qui est arrivée très vite et qui est en train de me cancoillotter le diner du siècle. 

 

Maman est repartie. Le général vient de m’avertir qu’il y aura un convive de plus. Vite, je rajoute une assiette. La femme de Pierre, grande décoratrice, a fait de ma table une œuvre d’art. Je n’ai plus qu’à attendre la pimbêche. On sonne, je me précipite. J’ouvre.

 

Arghhhhhhhhhhhh, l’horrible personne n’est pas là et le général n’a rien trouvé de mieux que de m’amener Nicolas Sarkozy pour dîner.

 

Le mec l’ignore, mais il entre en territoire hostile. Je suis la seule à avoir voté pour lui, et j’en prends plein la tête depuis des mois. Il a intérêt à savoir répondre, car mes loulous sont des terreurs. Bon, je vous laisse, il me faut servir « les mâles ».

 

Maridan Gyres 16/01/2013



25/01/2014
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