Les mots de Montpellier

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2019 Atelier 12 - 4ième sujet

Dans la tête de Parker

 

« Mon maître était là, il y a deux minutes à peine. J’ai beau regarder partout, derrière les arbres que j’ai arrosés chaque jour, je ne le trouve pas. Où est passé mon propriétaire?

 

Pourtant, avant de me laisser tout seul, il me faisait des caresses, il me grattait les oreilles et il flattait ma fourrure. Il m’a même embrassé sur ma truffe. D’un geste de la main, il m’a donné l’ordre de rester assis sur ce banc de parc, et de patienter, comme il le fait toujours quand il va au pub, de l'autre côté de la rue. Il y a plus de deux heures de cela. Je suis inquiet ! Et je commence à avoir faim, moi… En plus, il fait chaud. J’ai soif! Bon, je vais m’allonger et faire une petite sieste, en attendant qu’il revienne.

 

Je crois que mon dodo a duré longtemps, il fait déjà noir et la place est déserte. Je dois trouver de quoi manger. Tiens, ça sent la nourriture dans cette poubelle.

 

Hé ! vous autres, pourquoi me passez-vous cette lanière autour du cou ? Où est-ce que vous me conduisez ? C’est quoi ce camion ? Laissez-moi finir d'avaler ce restant de hamburger avant de m’embarquer dans votre sinistre véhicule.

 

Wouf ! Wouf, au secours ! Mon maître va se demander où je suis quand il va revenir pour me ramener à la maison. Je suis perdu sans lui… Est-ce que je pourrais trouver une issue pour m'évader de ce fourgon?

 

Bon, le camion s’arrête. Enfin, je suis probablement rendu chez moi. Qu’est-ce qui se passe ? Ça jappe de partout, ici. Je vois des queues qui s’agitent, des pattes grattent les portes de cages. Non ! Je ne reste pas là ! Je veux mon maître ! Je me sens nerveux ! J’ai peur ! Je n’ai jamais tremblé autant de toute ma vie. Bon, ça y est, je suis prisonnier ! Au moins, j’ai un plat d’eau, et en plus, un coussin tout rapiécé pour m’allonger. Le mien était bien plus confortable… J’espère qu’on va m’apporter à manger…

 épagneul.jpg

Un docteur m'a tâté partout ce matin. Ensuite, on m’a pris en photo. Retourné dans ma cellule, j'ai vu un écriteau au-dessus de la porte. «Épagneul pour adoption». Les larmes me montent aux yeux… Je tourne en rond… Ma vie est finie… Hé! où est mon papa ?»

Ghislaine Coutu Genest

 

 



12/05/2019
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