Maridan-Gyres

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Atelier 17 - 2021 - sujets 1 et 4

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C’est un petit chalet en forêt dans le massif de la Vanoise, près de Pralognan. Il appartient à des amis et justement ce week-end, il est libre. Je remplis mon sac à dos de quelques vêtements ainsi que de victuailles. Le strict nécessaire, de quoi tenir tout un week-end. Et me voilà partie, après avoir récupéré les clés du chalet, pour une reconnexion avec la nature. Après 3h de route. Je gare la voiture à l’endroit indiqué par Anne et Jean. Le chalet étant accessible par un sentier pédestre, je dois faire 45 minutes de marche. Sac au dos et bâton en main, me voilà en marche.

Je commence à lâcher prise. Fini mon confort quotidien, je pars pour un long week-end d’aventurière.  Je respire l’air pur de la montagne loin des odeurs de gasoil, et du bruit incessant des klaxons. Après quelques kilomètres de marche, j’aperçois enfin mon petit coin de paradis. C’est une immersion dans le monde de la forêt.

L’endroit est calme et verdoyant et le terrain arboré de magnifiques pins sylvestres. C’est un environnement splendide pour un repos d’un week-end. Je vais pouvoir me ressourcer au calme en pleine nature.

Le chalet est en rondins de bois avec un balcon qui me permettra d’admirer les magnifiques levers et couchers du soleil. L’intérieur est rustique et bien aménagé. Une grande pièce à vivre avec un poêle à bois ainsi qu’une mezzanine.  Attenantes au chalet, se trouvent des toilettes sèches. Ici pas d’électricité ni eau. Il va falloir vivre avec la frontale, une aide précieuse, et aller chercher l’eau au ruisseau qui coule non loin du chalet. Je pose mon sac à dos.

Le chalet est entouré de petits sentiers de randonnée. Je décide de prendre celui qui part juste derrière le chalet. Normalement je ne devrais pas m’égarer car l’itinéraire est bien indiqué. Le sentier part dans la forêt et longe un petit ruisseau. La pente est douce. Je suis minuscule devant ces épicéas, pins à crochets, mélèzes et arolles. J’entends le doux son du ruisseau, le craquement de branches. Marcher dans le silence de la nature en entendant simplement le bruit de mes pas ou le chant des oiseaux, c’est une renaissance pour moi. Puis soudain, la forêt laisse place à une zone déboisée entourée de buissons d’épilobes aux fleurs colorées. Le paysage est alors un réel enchantement. S’ouvre à moi, un somptueux écran de montages. J’ai l’impression qu’elles ne sont là que pour moi. Je décide de me poser là pour pique-niquer. C’est gigantesque.

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Et voilà, il est déjà l’heure de redescendre. Je dois m’approvisionner en bois secs. Ce n’est pas une de mes passions, mais je n’ai pas le choix. Même si nous sommes au début de l’été, il ne fait pas très chaud. Une petite flambée sera la bienvenue ce soir. 

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Et voilà, un sourire jubilatoire sur ces flammes belles et colorées du poêle à bois. Je vais enfin pouvoir admirer le coucher du soleil sur le balcon. Je fais abstraction de ma vie en bas. Je commence à entrevoir les lumières qui éclairent la vallée, tel un ballet de lucioles. Un bruit me fait sursauter. C’est simplement le hululement d’un hibou. Autour du chalet tourne un couple de gypaètes barbus. Pelotonnée dans mon sac de couchage, sur la mezzanine, je m’endors.

 

Après une longue nuit, un peu agitée, distillant des bruits inconnus et mystérieux de la forêt, je décide de partir découvrir ce fameux lac dont m’ont parlé mes amis.

Le chemin est caillouteux. La montée est raide mais régulière, alors je prends mon temps. J’en profite pour me retourner et admirer ce grand bec que je ne connais pas et ses glaciers. S’en vient une longue traversée en balcon jusqu’au lac. Les marmottes sont là, je les entends siffler. J’aperçois les bouquetins au loin. Après avoir gravi une petite élévation, le lac est là, presque blotti, d’une couleur émeraude. Autour du lac, un immense tapis de fleurs plus exceptionnelles les unes des autres. La vue splendide m’accompagne dans ma marche avec une véritable explosion florale qui me saute aux yeux.  Il y a quelques névés par-ci par-là. Certains chamois se sauvent sur mon passage. Ce sont de véritables bêtes d’escalade. Les marmottes sont méfiantes mais ne bougent pas. Un petit zoom pour immortaliser ce moment. J’avale un petit en-cas en observant ce petit jardin d’Eden.

Je vais devoir laisser derrière moi ce paysage féerique. J’entame la descente agréable, rythmée par des changements de paysage.

J’arrive au chalet, récupère mon sac à dos et j’entame ma descente vers la civilisation.

Je me retourne une dernière fois et là je me dis : « même si cette histoire est fictive, je prends conscience que toutes les petites habitudes de la vie nous empêchent de réfléchir quotidiennement à nos besoins vitaux et que passer un moment dans un endroit isolé, en pleine nature, permet aussi de ressentir des émotions basiques qui rassurent. Je me rends compte que l’être humain est capable de survivre, voire de prendre plaisir à ne plus rien posséder. Toutes ces choses que l’on paye au quotidien et pour lesquelles nous travaillons, en réalité, on peut s’en passer ».

 

Nanou



21/11/2021
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