Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

l'atelier du 23/04/2014 par Viviane

1)      Écrire un conte :

La création

Il était une fois, il y a bien longtemps ! L’histoire que je vais vous conter se passe au début de la création.

 

Dieu qui s’ennuyait tout seul dans le néant avait décidé pour se divertir de créer l’univers. Tout le monde sait qu’il commença par le ciel, la terre et qu’il fut satisfait.

 

Mais la contemplation d’une sphère nue, même bleue, l’ennuya encore. Donc il l’anima.

 

Il créa des plantes qui frémissaient dans le vent, puis des animaux. Beaucoup d’animaux, des herbivores… Mais les plantes se plaignirent. Eh ! Dieu ! Tu n’es pas juste ! Pourquoi as-tu fait de nous un garde-manger pour ces gros brouteurs ? Bientôt, nous n’existerons plus. Dieu accepta leur récrimination, et créa les carnivores : ainsi l’équilibre était établi.

 

Si les herbivores mangeaient les plantes, et les arbres, ils étaient dévorés par les carnivores… Mais ces derniers risquaient d’être trop nombreux, même s’il leur arrivait de se dévorer entre eux. Alors Dieu créa l’homme. Le maître de la création, chargé de mettre bon ordre à cela. Il pensait enfin être tiré d’affaire. Il n’avait plus qu’à observer pour se divertir ou à aller passer du temps à créer d’autres mondes. Car après tout, Dieu avait bien assez à faire ailleurs. Il jouissait de créer d’autres univers avec d’autres planètes. La leçon lui avait suffi. Certaines n’avaient que des végétaux… d’autres, que des animaux… d’autres rien. Il s’amusait comme un petit fou.

 

Il se décida enfin un jour à revenir contempler la planète bleue… Il pensait que c’était sa plus grande réussite.

Il trouva l’homme en pleine déprime. Non ! Cela n’allait pas. Malgré sa femme, ses enfants, sa caverne… Il se plaignit.

Lui, Dieu l’avait fabriqué le plus faible. Il n’avait pas de crocs, pas de griffes, il ne courait pas vite, il était nu. Il avait le plus grand mal à se nourrir – de légumes, de fruits et de racines – car les gros herbivores passaient avant lui !

Est-ce juste Seigneur ? Suis-je vraiment le roi de ta création ? Tu m’as fait le plus misérable.

 

Dieu hésita… Il savait que l’homme pouvait être redoutable…

Alors, il lui dit ;

«  Bon, sers-toi de ton intelligence ; je vais t’en donner plus, ainsi tu compenseras cette infériorité. Et puis, pour t’aider, je vais te donner deux auxiliaires… Le cheval te portera et te fera aller vite et enfin le chien qui t’aidera à chasser. Je ne sais pas si je fais bien en te permettant de devenir carnivore… Mais après tout, les carnivores sont trop nombreux, tu seras contraint de les combattre pour avoir ta proie… C’est ainsi que l’homme devint chasseur…

Apparemment, Dieu ne se soucie pas trop des herbivores, et peut-être que Dieu, foncièrement bon ne vit pas le fond mauvais de l’homme qui n’applique pas son surplus d’intelligence seulement à essayer de mieux se nourrir. En tout cas, l’amitié entre l’homme, le cheval et le chien remonte à la nuit des temps. Elle a été voulue par Dieu… C’est pourquoi le chien lèchera la main qui l’a battu… Le cheval acceptera la selle et le licol… Hélas !

 

L’homme lui, avec le temps et son orgueil grandissant, oubliera le début du pacte et aura trop tendance à considérer ses alliés comme des esclaves. N’oubliez pas, enfant, quand vous verrez un chien ou un cheval, ce qui nous lie à eux. Dans leurs yeux, vous ne verrez que de l’amitié. À votre tour, respectez-les et aimez-les !

 

 

2)      Logo-rallye : flamant, épaule, étang, bras de mer, avocette, cheval, mal, homme, cabane, divaguer.

Au bord de l’étang

Dans le lointain des taches rose-sale des flamants, le bec au bout d’un long cou enfoncé dans la vase. Je contemple ce spectacle de paix. Mais un zonzon vient siffler à mon oreille. Bientôt, l’insolent s’est posé sur mon épaule. Ouïe ! Ça pique !

 

Oui, des moustiques bientôt viennent troubler mon admiration de cet étang qui s’étend entre Villeneuve les Maguelone, et Palavas les Flots qu’on aperçoit au loin. Le bras de mer qui le relie à la grande bleue – appelé Grau – se devine au courant qui éclaircit le fond.

Une avocette prudente, perchée sur ses hautes pattes fines et blanches se risque vers le bord, à demi cachée par les salicornes. Elle semble avoir peur du cheval camarguais qui se penche en soufflant. Veut-il se mirer ?

 

 

La présence humaine est insensible. La nature respire et s’épanouit, loin du mal que lui cause l’homme. Pour combien de temps sera-t-elle préservée ? Déjà, des cabanes construites sans permis défigurent les berges. Quel désastre ! Bientôt, pas un seul espace ne sera préservé. L’homme est une espèce qui divague et envahit tout comme une mauvaise herbe.

 

Le drame

Ils s’étaient connus au lycée. Elle avait 15 ans et lui 16. Ce fut un coup de foudre ! Sophie et Damien, Damien et Sophie. Ils furent vite inséparables, malgré ce qui pouvait les séparer.

Sophie était d’une famille réputée ; père avocat, mère médecin… Des parents très occupés qui avaient une vie sociale fort riche ; réceptions, cocktails, sorties diverses… Ils voulaient paraître et être vus !

Sophie était souvent seule, habituée à être laissée à la garde d’une nounou, puis d’une femme de charge. Elle était cependant gâtée. Elle ne manquait pas d’argent ni de cours ; tennis, piano, elle n’avait pas le temps de s’ennuyer.

Pourtant c’était une fille gentille ; elle jetait un regard critique sur la vie mondaine de ses parents. Elle avait soif d’autre chose. Damine était un magnifique garçon antillais. Il avait été en butte aux remarques racistes de camarades jaloux de sa prestance qu’il avait su régler à coups de poing. Ainsi on le respectait et on le craignait même. Il était entouré d’amour de ses parents qui faisaient des sacrifices pour son avenir. Ils avaient même déménagé pour habiter un quartier qui offrait plus de possibilités en ce qui concerne l’école.

Damien sur le moment s’était méfié de cette fille à papa, de riches, toujours habillée à la dernière mode… Mais il s’était vite rendu compte qu’il y avait une façade, et que la véritable Sophie ne demandait qu’à s’épanouir.

Ce fut vite fait. Les deux amoureux apprirent vite à se connaître, à s’aimer, et devinrent deux inséparables. Cela fit des jaloux… Le père de Sophie reçut un jour une photo montrant sa fille dans les bras d’un bronzé !

L’explication était brève, mais injurieuse : « Ta fille est une salope qui se paie des négros ». Le père n’en crut pas ses yeux. Son sang se glaça. Sa fille ! Sa perle ! Dans les bras d’un noir ! Ce n’était pas possible.

Il convoqua sa fille. L’explication fut houleuse. Il lui ordonna de rompre. Elle lui tint tête. Furieux, il l’enferma et fit une enquête auprès de l’école. Il sut que l’élu, le sale nègre, était à l’école dans la classe de Sophie. Un certain Damien.

Ni une, ni deux, l’avocat qui connaissait des mauvais garçons chargea l’un d’eux de donner une leçon à ce petit con qui n’avait pas compris qu’on ne mélangeait pas les torchons et les serviettes.

Et Damien fut tabassé, un soir, à mort.

On retrouva son corps au matin… Il n’avait plus de visage. Ce visage si beau, qui plaisait aux filles. Les malheureux parents n’y comprirent rien…

Quant à Sophie, elle, elle comprit. Elle devint comme folle, cassant tout, menaçant de se tuer… Si bien qu’on dut l’enfermer en maison de repos.

Jamais elle ne pardonna à son père. En pleine révolte plus tard, elle se donna à une multitude d’hommes, se drogua… Pour faire « chier papa » disait-elle.

 

Viviane 23/04/2014

 



24/04/2014
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