Les mots de Montpellier

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L'atelier du 9/12/2014

Guismotte est partie tôt ce matin. Elle a remonté le chemin qui la conduirait à sa chère forêt. Il faut dire que depuis quelque temps, elle s’inquiète. Son magnifique petit lit est devenu inadapté à sa nouvelle taille. Aujourd’hui, elle veut en avoir le cœur net; c’est pourquoi elle rend visite au grand sage, maître hibou.

 

Lorsqu’elle arrive au pied du grand chêne, il est justement en train de rétablir la discipline, parmi tous les petits étudiants de la forêt et visiblement, il a du mal. Il faut dire que les renards, en particulier, sont espiègles et apprendre les voix de la forêt, ça fini par les ennuyer, alors ils jouent, se cachent dans les taillis, derrière les arbres et autres facéties qui agacent le professeur.

 

  • Si d’aventure vous ne vous calmez pas, je vous promets une punition sévère pour ce chahut ! Gronde le hibou très en colère.

 

Mais voici que soudain, il aperçoit Guismotte qui approche de sa maison. Que diable vient-elle faire par ici ? Il y a plus d’un mois que nul ne l’a revu dans le petit bois joli. Et il semble bien à maître hibou que la petite fée a bien changé.

 

Les écureuils que le bazar, mis par les renards, a beaucoup amusés, en profitent pour s’échapper et ils grimpent, ici et là, semant le chaos dans ce cours habituellement si calme. Un coup de règle résonne contre le tronc du grand chêne.

 

  • Du calme ! Vilains garnements ! Voulez-vous montrer à notre amie Guismotte à quel point je suis devenu vieux, puisqu’incapable de tenir ma classe ?

 

Dans la forêt, les nouvelles vont vite. Soudain venues de partout, une multitude de petites fées déboulent en papillonnant dans la clairière. Les oiseaux ont vu, bien avant maître hibou, que la fée Guismotte arrivait. Du coup, toutes ses sœurs sont venues lui rendre visite.

 

Elles sont trois a apporter une jolie corbeille de fraises des bois. Guismotte laisse libre cours à ses larmes qui inondent son joli visage.

 

  • Oh, mes petites sœurs chéries, vous m’avez tellement manqué !
  • Mais nous sommes là, à présent ! lui répond sa grande sœur.

Enfin, grande c’est une image, car Guismotte s’aperçoit soudain, qu’elle est deux fois plus grande que les autres fées.

 

  • Oh, maître hibou, qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi ai-je grandi ? Cela va-t-il continuer ?
  • Oui mon enfant tu as grandi. Tu vis avec et chez des humains, tu vas prendre leur taille.
  • Mais je ne le veux pas moi ! Pourquoi faut-il donc que je grandisse ?
  • Parce que tu as trouvé une famille que tu aimes.
  • Que j’aime ! C’est quoi aimer ?
  • Ah ! Ma chère petite, aimer c’est ouvrir son cœur à toutes les merveilles de ce monde. C’est sentir un vent chaud et enveloppant qui te protège aux heures froides et sombres de l’hiver. C’est aussi quelqu’un qui prend soin de toi, sans jamais rien attendre en retour. Qui veut ton bien quoique tu aies fait, qui que tu sois, et dont le seul bonheur est de te rendre heureuse.
  • Mais alors, je ne vous verrai plus ?
  • Mais si voyons, tu es enfant de la forêt, tu pourras toujours venir nous voir.
  • Hélas, je ne pourrai plus voler avec mes sœurs !

 

À ces derniers mots, cinq petites fées s’approchent d’elle. Elles portent un joli paquet fleuri. Et le lui donne.

 

  • Ouvre cette boite !

 

Guismotte ôte le joli papier et entrouvre la boite, et sous ses yeux émerveillés, elle découvre la plus jolie paire de chaussures qu’on ait jamais vue de mémoire de fée.

 

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Chaque fée avait accroché un joli papillon au dos de la chaussure, puis l’une en avait accroché un sur le côté. Enfin, le talon était une fidèle reproduction de Guismotte, lorsqu’elle avait quitté le monde des fées. Le vieux hibou reprit la parole, car Guismotte pleurait tant que nul ne comprenait ses mots.

 

  • Merci à toutes pour ce beau cadeau. Grâce à ces jolies chaussures, lorsque tu te sentiras seule, ou que tu auras simplement envie de revoir tes petites sœurs les fées, il te suffira de chausser ces jolis escarpins et tu te retrouveras près d’elles.
  • Merci ! Oh mille mercis, mes chères amies ! Merci à vous maître hibou. Je sais à présent que je resterai avec les hommes, mais c’est promis, chaque semaine, je viendrai vous rendre visite. Ainsi vous ne m’oublierez pas.

 

Et c’est ainsi qu’aujourd’hui encore, il arrive de croiser une fée géante dans les fêtes que les fées organisent chaque printemps.

 

Maridan 11/12/2014



11/12/2014
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