Les mots de Montpellier

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La malette

Timidement j’approche la main jusqu’à la mallette ; mes doigts cherchent à l’ouvrir ; zut, elle a un code ! Ma curiosité est éveillée ; je crois à la chance. Un peu naïvement, je compose la date de naissance de mon fils, de mon amie,  la mallette ne s’ouvre pas. Je finis par composer ma propre date de naissance. Miracle ! La combinaison est bonne. Je me lève d’un bond. Mes yeux scrutent le contenu de la mallette. Je vois des liasses de billets de 100 € et une lettre.

 

À qui ce manuscrit est-il adressé ? Ai-je le droit de le lire ? Je sens l’excitation s’emparer de moi, mes pensées deviennent confuses. J’ouvre fébrilement l’enveloppe. Quelques lignes d’une jolie écriture petite et déliée : Fernand écrit à sa fille qu’il n’a pas vue depuis vingt ans. Il est très malade. Il n’en a plus que pour quelques jours ; il lui confie son amour.  Ces cent mille euros, il les a  économisés pour elle, durant toute sa vie.

 

Effarée, je regarde les billets, bien rangés dans leur sacoche.  Quelle galère !  Pourquoi est-ce sur moi que cela tombe ? Comment retrouver la fille ?  Et si, j’ignorais le contenu de la lettre ? Personne n’est au courant. Ces pensées mijotent dans ma tête et me tracassent.
Il fait bientôt noir. Je décide de rentrer à la maison. La nuit porte conseil.

 

Je laisse la mallette dans le coffre de la voiture ; mon amie Lise est curieuse, elle ne manquerait pas de me poser des questions.

 

Toute la nuit, je  m’agite et me retourne dans le lit. Ce secret est lourd. Je meurs d’envie de partager mon tourment avec Lise. Pas sûr  que ce soit une bonne idée. Vers trois heures du matin, je finis par trouver le sommeil.

Le bruit de l’alarme de mon  téléphone me réveille ; huit heures. J’ai fait un affreux cauchemar ; un  homme, tout de noir vêtu et cagoulé, tendait un courrier à une jeune fille.  Celle-ci était allongée dans un cercueil. Sur la tombe, une épitaphe disait la date de son décès, il y a cinq ans !!

 

Je reste quelques instants allongé dans mon lit. La signification de ce rêve est limpide : la fille est morte. Inutile de la chercher. Je peux garder l’argent pour moi.

 

Soulagé, je me lève prestement. Je ne prends pas la peine de boire un café.

Je file à la voiture stationnée dans la rue.

Impatiente, j’ouvre le coffre, et là…  Que vois-je ! La mallette a disparu.

 

Odile 15/01/2014



16/01/2014
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