Maridan-Gyres

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Ateelier 3 - 2024 - Sujet 2

 

 

Ce que devint Mellissande

 

Apprendre elle en avait toujours très envie, sa curiosité était sans limite elle me faisait penser à une petite abeille qui butinait (en cachette) dans cette époque où les femmes devaient rester ignorantes.

Savoir, connaitre, expérimenter, acquérir, engranger l’instruction, la culture, la littérature, les sciences c’était là ce qu’elle voulait, peu importe le domaine, la discipline, elle voulait s’emplir, s’abreuver, se gorger de lumières, de compétences, d’habiletés jusqu’à l’ivresse jusqu’à saturation. Dans ces moments une immense joie intérieure l’envahissait, elle pouvait alors affronter l’obscurantisme, le courroux parfois même la violence de son père.

Elle avait quitté le domicile de celui-ci depuis quelques semaines, les relations étaient devenues compliquées entre eux, il exigeait qu’elle reprenne les « rôles domestiques » de sa mère depuis la mort de celle-ci, mais l’adolescente ne pouvait s’y résoudre. Elle se souvenait avec douleur de cette femme usée errant comme un spectre allant de tâches en tâches presque sans répit, sans repos sauf le dimanche ou elle se rendait à l’église.

Mellissande l’accompagnait, et chaque fois elle s’émerveillait devant le tympan de marbre blanc dédié à la vierge dont la tête était ceinte d’une magnifique couronne. La jeune fille se soulevait sur la pointe des pieds pour admirer chaque détail des sculptures au-dessus du grand porche juste à l’entrée de l’abbaye.

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Elle parvint trois semaines plus tard au bord d’un étang à proximité d’un village paisible, elle sut qu’elle était arrivée à Cabestany (la tête de l’étang).

Ses pas la conduisirent devant l’église et là, le même choc émotionnel la saisit, le même éblouissement devant le tympan et ses anges aux longues mains, elle resta figée un long moment.

Sa fascination ne passa pas inaperçue, tant et si bien qu’un villageois étonné désigna  à la demande de la voyageuse  une demeure à la sortie du bourg, celle du Maitre sculpteur à l’origine de ce chef- d’œuvre, on l’appelle précisa l’homme le Maitre de Cabestany.

Celui-ci lui ouvrit en souriant les portes de son atelier. Mellissande découvrit alors un univers fait de beauté et empreint de spiritualité.

La relation quelle établit avec maitre Jacques était faite de confiance et de douceur, il l’initia à la sculpture, aux ornements, aux embellissements.

Ils voyagèrent en Catalogne, en Espagne, en Italie, le Maitre confia à son élève le soin de dessiner chaque œuvre terminée. Ils eurent bientôt un catalogue qu’ils présentaient, mettaient à la disposition des futurs acquéreurs religieux ou privés.

Ainsi ce qui fut le fruit d’une collaboration respectueuse et harmonieuse entre le Maitre et l’apprentie dura très longtemps. On peut encore voir à Gérone, en Toscane, en Navarre, en Roussillon les traces de leur coopération amicales et bienveillante.    

 

Ivoleine                                        



26/02/2024
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