Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

Atelier 14 - 2019

Sujet n° 1 — Tautogramme en C

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Chamboulement Chéri en Clair-obscur

 

« Crevette Chatouilleuse Cherche Crabe Charmant pour Chemin Commun »

 

Charlotte Composait le Chapitre Cabotin, Craquant et Coquin qu’elle Communiquerait au Correspondant Caractériel du « Calligraphe Curieux », Certaine de son Coup.

Elle Caressait Cette Certitude Chérie de Caracoler sur les Chemins du Cœur avec un Cascadeur, un Cavalier ou un Concertiste.

 

« Circuler Cahin-Caha en Carrosse ou en Char, Cavalcader de Conserve à Califourchon sur une Comète ? Curieuses Circonstances pour Carburer aux Câlins  ! »

 

Charlotte Crayonnait sans Calcul, Calibrant sa Copie de Combinaisons Comiques et Croustillantes ! Son Cerveau Carillonnait une Chanson Carnavalesque, Comme son Caractère Canaille. Elle Carénait Chaque Cartouche Comme on Cherche la Chance  : en Chevillant son Cœur aux Caprices Colorés du Ciel.

 

« Carapatons-nous du Célibat et Célébrons Chaque Cellule Céleste de nos Corps confondus »

 

Ce Challenge Captivait sa Cervelle et Constituait un Châle Chaud et Chaleureux où se Ceindre dans le Calme et la Confiance.

 

Elle Confia sa Copie à Cédric, le Correspondant du « Calligraphe Curieux », qui la Contempla en Conscience. Son Cœur Cognait la Chamade Comme un Coucou en Cage ; il Chevrotait et Chancelait de tout son corps. Charlotte quant à elle Chaloupait Curieusement sur ses Cannes.

 

Un Chamboulement Cataclysmique était en Cours pour ce Couple en Construction !

  

 

Sujet n° 2 — Logo-rallye

 

 

Dés-Espoir(s)

 

Seule face à ce grand miroir qui ne me pardonne rien, je regarde mon image fanée par le temps. Seules les perles de mon collier attirent encore l’œil de leur éclat nacré. Depuis longtemps, les rides ont creusé ce visage qui ne provoque aujourd’hui que les soupirs désolés d’un mari en quête d’un avenir plus jeune que moi. Je me suis dérobée à mes propres désirs, prenant la bouteille comme compagne fidèle de mes journées solitaires. Je ne prends même plus la peine de la retirer de la table lorsque je devine l’arrivée prochaine et toujours plus retardée de Paul.

 

J’ai beau savoir que notre union part à la dérive, je n’ai plus ni la force ni l’envie de remettre à flot notre bateau en perdition.

 

Plus je vieillis en restant moi-même, plus lui a décidé de devenir quelqu’un d’autre à coups de BOTOX® et de pilules vitaminées. Chacun ses failles et sa façon de les combler.

 

J’ai longtemps pensé que nous allions vieillir ensemble, projetant notre avancée dans la vie main dans la main dans une affection qui peu à peu avait remplacé l’amour. J’ai décidé d’arrêter de courir après ces chimères le jour où je l’ai vu enlacer et embrasser sa nouvelle destinée de vingt-cinq ans sa cadette.

 

À mes pieds, une valise et un sac de voyage. Je vérifie une dernière fois que mon billet d’avion est dans mon sac à main. La sonnette retentit. Mon taxi est arrivé. Dans quelques instants, il descendra l’avenue pour m’emporter vers demain. (la suite de ce texte dans le sujet 4)

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© Ouvrez les Guillemets 63 – 07.06.19   

 

 

Sujet n° 3 — Ecrire à partir d’un photo-montage

  

Mon choix : Photo n°5 – Gondole et partition musicale

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Illustration : Maïlo

L’aube se lève sur la Sérénissime. Rubeno revêt le costume traditionnel qu’il endosse chaque jour avec passion depuis 20 ans : pantalon noir, tee-shirt rayé et canotier blanc. Le Canal Grande l’attend. Son embarcation aussi. Sa Bella, fidèle, majestueuse, unique. Il l’aime sa dulcinée, l’entourant de mille et un égards.

 

Aujourd’hui, l’objet de son attention est le fer de proue, symbole de la cité lacustre. Il le caresse, remonte la gamme des symboles de sa ville : le « S » du Grand Canal, l’Ile de la Guidecca, les six quartiers de Venise, l’œil vigilant du gondolier, la demi-lune symbolisant le Pont Rialto et pour finir le « Corno », la coiffe du Doge. Il le lustre d’un revers de tissu délicat pour lui redonner de l’éclat et de la fierté.

 

La lagune  ? Sa partition musicale qu’il accompagne quelquefois de sérénades offertes à ses invités du jour. Il aime quand l’eau ondoie sur le passage de sa gondole, libérant en des portées légères ses notes fluides, aériennes. Sa voix de ténor s’élève dans le ciel où Aurore aux doigts de rose sème ses pastels délicats pour la journée, bientôt rejointe en écho par les chansons romantiques de Pablo, Luigi et les autres.

 

De la voile gonflée par la brise légère montent « La Donna È mobile » dans Rigoletto de Verdi,

« È Lucevan Le Stelle » de la Tosca de Puccini. Temps suspendu, volutes enchantées en des vibrations sensibles et enivrantes.

   

 

Sujet n° 4 — Ecrire à partir de titres de livres

 

NB : Cette histoire constitue la suite du sujet n°2 de ce même atelier

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Dans le taxi qui l’emporte sur la route de Madison, Madeline pense que son voyage au bout de l’enfer touche à sa fin. Elle se rappelle les dernières vacances passées avec Paul, un été à Pont-Aven, dans leur maison de famille. Elle pensait encore pouvoir recoller les morceaux d’une union éclatée sous les coups de butoir des sillons creusés par la vie, mais elle n’a pu récolter les vestiges du jour où ils s’étaient promis de s’aimer pour la vie.

 

C’est à cette période qu’elle a découvert le pouvoir anesthésiant d’alcools forts et que dans la solitude de ses journées arrosées, elle s’est façonné un collier de larmes pour(M)Adeline. Un jour de désespérance plus forte que d’habitude, elle a lu un article dans le quotidien local : « William le cœur sur le web, écoute vos peines et vous aide à vous en extraire comme d’une mue embarrassante. » Les contacts furent nombreux, à l’issue desquels William lui dit avec force : « Il est grand temps de rallumer les étoiles de ton cœur et de vivre pour toi, d’éclore de nouveau au monde et de le laisser t’entourer de sa beauté. »

 

Las. Loin d’être léger, le retour dans l’appartement de cette ville bourgeoise haïe fut synonyme d’une prison qui se refermait lentement sur elle. Autant en emporte le vent des bonnes résolutions. Madeline s’enfermait chaque jour dans sa geôle alcoolisée. Jusqu’à ce qu’elle voie Paul et sa jeune conquête de 25 ans sa cadette dans une proximité des corps plus qu’évidente. Un révélateur qui résonnait les jours suivants comme un leitmotiv : « Et tu trouveras le trésor qui dort en toi », celui de partir, de vivre et de vaincre.

 

La cité des Anges l’attendait et elle savait au fond d’elle-même que la vie, sa vie, était désormais l’invitée de son cœur épris de liberté.

 

© Ouvrez les Guillemets 63 – 09.06.19

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10/06/2019
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