Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

Atelier 16 - 2020 - sujet 1

 

LES VŒUX DE NOVEMBRE :

 

Souhaiter des vœux en novembre, alors qu’à cette période, nous devrions normalement célébrer les morts ?

 

Le léger trouble instillé par cette idée me fait prendre conscience du pouvoir des habitudes. Eh bien, Merci pour cette proposition Hunt et Maridan. L’occasion est idéale de détourner quelque peu cet exercice en adressant aujourd’hui, mes vœux à ceux qui, nous ayant quittés récemment me manquent profondément. Ces derniers mois, ont été jalonnés de douloureux inattendus. J’ai un reproche posthume pour vous Henri, mon Beau-père qui avez ouvert ce triste bal. A quelques heures près nous aurions dû partager ensemble une dernière fête pour l’anniversaire de votre fils. N’était-il pas possible d’attendre un peu ? Voire un peu, beaucoup... ?

 

Cette journée aurait été un beau cadeau pour lui et un inoubliable souvenir pour nous tous. Le grand voyageur que vous étiez, aurait déposé ses livres d’histoire et géographie, laissé de côté ses journaux économiques et conservé dans un coin de sa tête les derniers résultats sportifs pour se fondre avec joie parmi les convives.

Quelques notes de musiques seraient venues vous combler d’avantage et vous n’auriez pas manqué de dispenser autour de vous, sourires et chaleur. Comme toujours, nos amis n’auraient pas manqué de s’étonner de voir disparaitre votre air sérieux, mettant à nu l’épicurien rayonnant que vous cachiez aux regards étrangers.

 

Je vous présente mes souhaits éternels : Une librairie et un marchand de journaux à distances accessibles en footing. Une chaine sportive pour regarder le tennis. La possibilité de continuer à parcourir le monde. Du soleil et j’espère de tout cœur que vous participerez toujours à nos fêtes !

 

Après le départ de Mico, ma Belle-mère pour qui j’espère tout l’apaisement et la tranquillité possible, c’est toi, Jérôme, très cher Beau-Frère qui, à 34 ans à peine, nous a laissé anéantis. Arrivé 18 ans après ton frère, tu as gagné son cœur et vous vous êtes liés d’une indéfectible affection. Vous étiez fiers l’un de l’autre et toujours heureux de partager de bons moments.

Je t’ai connu alors que tu avais une douzaine d’années et comme tout le monde, je t’ai immédiatement aimé. Ta vie a été ainsi, ton caractère passionné, ton esprit vif et ton naturel ont unanimement séduit tes interlocuteurs et surtout tes interlocutrices.

Nous avons partagés tant de week-ends et de vacances ensembles que nous sommes remplis de tes souvenirs.

 

Comme ton père, tu as parcouru le monde à la recherche de lieux méconnus et exigeants. Ta traversée de l’Amérique du sud, ta découverte de l’Antarctique ou encore l’escalade des sommets Iraniens ont remplis ta trop courte existence d’intensité. Tu n’as pas simplement vécu, tu as Existé. La nuit où les gendarmes sont venus nous informer que tu avais été emporté par une avalanche, nos vies se sont arrêtées et n’ont plus jamais repris leur cours normal.

 

 

Tu nous as laissés là, douloureusement incrédules, viscéralement torturés. Nous ne parlons plus de toi, c’est trop difficile.

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Peut-être plus tard, je l’espère, mais tu emplis nos pensées en permanence. Je te souhaite du fond du cœur de  : Pouvoir vivre libre dans la nature et voler au-dessus des montagnes que tu aimais tant. Ramasser des champignons dans les bois et ressentir la fraicheur de l’air. Trouver l’amour selon tes critères : une fille belle, intelligente, sportive qui aime la montagne et qui te fasse pétiller. (Mais pas ma nièce s’il te plait, je t’ai déjà dit que c’est le meilleur moyen de semer la panique dans la famille).

 

Si tu peux jeter un petit coup d’œil protecteur sur ton neveu Noé qui te faisait tant penser à toi à son âge et sur ton frère Gildas qui a encore du mal à réaliser qu’hier encore, il avait une famille. Et j’espère que tu es avec nous au  quotidien !

 

Liliane, je te remercie pour ta présence et toute ta sollicitude lors de cet accident. Tu as été comme toujours, une amie tendre et chaleureuse et lorsque tu me serrais dans tes bras j’étais loin de me douter que je te perdrai également très vite. Nous avons vécu le confinement ensemble. La proximité de nos maisons et la météo nous permettant de profiter de déjeuner et de diner dans le jardin, d’apéritifs discrets sur les rochers au bord de l’eau et de travaux d’extérieurs collectifs.

 

Ce fut une période bénie car ce furent sans que nous le sachions, les ultimes moments que nous partagerions après 22 ans d’une amitié sans faille. Tu n’auras pas vécu le déconfinement tant attendu, tu t’es absentée avant, pourtant tu t’es accrochée, tu voulais rester ! Et nous voulions tant te garder près de nous !

 

Ton départ, nous auraient certainement terrassés si nous ne l’avions pas déjà été. Je te souhaite : D’avoir retrouvé tes frères. De profiter de la plage et du soleil. De ne plus t’inquiéter pour chacun d’entre nous, amis et membres de ta famille ?

Mais de veiller sur ton mari qui m’impressionne de courage et tu sais pouvoir compter sur notre amitié pour le soutenir. Merci d’être avec nous à chaque instant. Grâce à vous, j’ai pu faire revivre quelques instants ces êtres chers dont je ne parle plus à haute voix et qui se confondent en une seule peine. Je vous remercie de me l’avoir permis et encore d’avantage si vous les avez un peu aimés.

 

Clarinette.



14/11/2020
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