Les mots de Montpellier

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Atelier 5 - lipogramme sans T

Lipogramme sans T

 

 

Quelques vœux pour l’équilibre du réel  

 

Talleyrand (1754-1838) qui, selon J. Cambon, « n’a jamais changé d’opinion » au cours de sa longue vie (84 ans pour l’époque), nous a laissé ces deux phrases mémorables :

 

Quand je me regarde, je me désole

Quand je me compare, je me console.

 miroir.jpg

Devrions-nous, nous aussi, nous regarder dans le miroir pour essayer de nous imprégner de la sagesse de sa réflexion, celle de l’homme d’expériences à plusieurs vies, non des moindres ? A mon humble avis, la pierre d’édifice de base gagnera en énergie chaque jour, j’en suis convaincue d’avance, cela même à mes risques bien périlleux.

 

Ailleurs, on assassine des civils, on kidnappe des écolières pour en faire des esclaves. Dans nombre de pays perdure la menace de guerres, larvées ou non. Des guerres immondes, inconcevables … Hélas ! Déjà en place des guerres bien réelles (non plus sur l’écran comme celles des jeux). Des guerres sans fin suivies dans leur sillage de souffrances incommensurables. L’échelle des valeurs du gâchis a ébranlé la conscience universelle. Pour Palmyre, la belle des siècles. Palmyre vandalisée, Palmyre saccagée, Palmyre oubliée !

                                                palmyre.jpg

Ici, nous avons la chance de vivre dans un pays « épargné » même si demeure encore le grave dilemme issu de problèmes sociaux-économiques (à résoudre d’urgence). Au moins, pas de famines. L’abondance règne dans ce pays de cocagne. La recherche prospère dans nombre de domaines. Dans l’ensemble, la vie s’avère agréable, voire plus qu’agréable pour les plus aisés. En prime, nous bénéficions de l’espoir d’une prise en charge de soins médicaux appropriés en cas de maladies, guérissables ou incurables. A l’abri de l’angoisse ruineuse qui menace nombre de malades américains, pour ne considérer, en comparaison, que les cas de pays développés.

 

Hélas ! Il y règne la grande faille des déséquilibres (développés vs sous-développés, milliardaires vs précaires, privilégiés vs déclassés … ) qui nous empêche de nous avancer sereins vers l’avenir. Que faire ?

 

En premier lieu, faisons appel aux philosophes-penseurs des sciences humaines encore en vie d’aujourd’hui pour que la profondeur de leurs réflexions, dans nombre de domaines, une fois exprimées, vulgarisées, puisse nous servir d’éclairage aux chemins de vie à poursuivre.  

 

En voici quelques noms (*) :

 

                   Howard BECKER

Maxence CARON

Michel CAZENAVE

Noam CHOMSKY

Paul CLAVIER

Marcel CONCHE

Richard DAWKING

Régis DEBRAY

Pascal ENGEL

Emmanuel FAYE

Luc FERRY

Carol GILLIGAN

Jürgen HABERMAS

François LARUELLE

Frédéric LENOIR

Bernard-Henry LEVY

Frédéric LORDON

Jean-Luc MARION

Dominique MEDA

Edgar MORIN

Michel ONFRAY

Jacques RANCIERE

Saskia SASSEN

Michel SERRES

….

 

Pour pallier l’incurie des responsables, appelés aussi les « grands de ce monde », on conseille donc aux  :

 

  • Banquiers de désosser le Veau d’Or, de ne plus servir d’asile aux monnaies issues d’origines obscures, d’empêcher les escrocs (genre Madoff) de falsifier les chiffres, de cesser d’encourager les fraudeurs vers les fameux paradis fiscaux …
  • Gouverneurs supérieurs - ces Princes au service exclusif du pays - de bien fignoler leurs discours (cohérence des propos, pas de vaines paroles, ni de promesses hasardeuses encore moins d’embardées insaisissables) car le peuple, dans l’ensemble non acquis d’avance, refusera d’emblée de les approuver.

 

Dans une vie ô combien prosaïque, bien profane en usages du monde des privilégiés, nous qui sommes de la classe appelée « moyenne », nous nous forçons  - pour nous consoler de ce qui nous manque, nous handicape ou nous blesse -, de nous convaincre que pour :

 

  • celui ou celle qui aime, il y a profusion d’eau fraîche à boire, « vivre d’amour & d’eau fraîche » selon l’adage populaire (possible même en cas de fin d’idylle),
  • celui qui perd l’ouïe, il y a de belles images en sourdine à l’écran,
  • celui qui perd la vue, il y a le braille, la musique des CD, le murmure de la brise qui caresse,
  • celui qui ne parle, il y a la mime, les mimiques, les jeux de physionomie,
  • celui qui a faim, il y a l’odeur du pain frais avec l’aide des bénévoles des services sociaux,
  • celui qui mange plus que de raison, bien au delà de ses besoins ou envies, il y a des jeûnes à observer (bonne forme oblige !),
  • celui qui a soif, il y a la pluie, voire l’eau des sources ou encore celle descendue des cimes (à fuir le bar chargé d’alcool d’en face) 
  • celui qui marche mal, il y a des béquilles ou des cannes,
  • celui qui ne marche plus, il y a la chaise qui roule
  • celui qui a reçu une blessure, il y a la résilience à reconquérir pour le corps sans oublier les méandres douloureux de l’âme à réparer
  • celui qui ne respire plus, il y a, hélas ! la vie qui s’en va à grands pas (à ses proches d’envisager déjà les obsèques en due forme,)

 

Nous admirons sans réserve (en ordre non agencé) :

 

  • Le félibre qui emploie une langue d’oc qui flamboie,
  • L’écrivain qui fignole ses phrases pour nous amener à nous incorporer, grâce à l’harmonie de résonances réciproques, dans son univers romanesque, à le parcourir en rêve, en long, en large, bien en marge de nos soucis réels.  Un espace d’oubli pour l’indispensable lâcher prise. Quel bien fou pour un moral en berne !
  • Le leader qui s’occupe sans dérive de l’écologie,
  • Le médecin qui soigne avec une compréhension remplie de douceur,
  • Le pompier courageux qui se sacrifie pour sauver des vies dans l’incendie,
  • Le sherpa qui aide les naufragés des cimes de l’Himalaya,
  • Le chercheur qui nous éclaire sur les énigmes de l’univers,
  • Le bénévole des ONG qui consacre ses heures de loisir aux  malheureux d’ici ou d’ailleurs,
  • L’habile cordonnier qui chausse à merveille les pieds non normalisés,
  • Le chef qui honore nos papilles de ces six sens : salé, sucré, acide, amer, le mou, le savoureux,
  • Le jardinier qui nous renseigne sur l’éclosion des fleurs au fil des saisons,

…….

 Nous sommes désolés  pour :


pleurs h.jpg

  • L’ami(e) encore amoureux(se) qu’on délaisse pour un horizon plus jeune ou plus sexy,
  • Le boxeur qui encaisse, fébrile, des coups au visage au grand dam de la connexion fragile de ses neurones d’un cerveau qui crie déjà au secours sur le ring, sous les huées de la foule en délire, insensible à sa souffrance,
  • Le SDF qui n’a pas pu dénicher un refuge pour dormir les soirs d’hiver,
  • Le malade qui souffre des conséquences de remèdes nocifs, pires que son mal,
  • Le mannequin old-fashioned aux vieux clichés sur papier couché,
  • Les personnes âgées des maisons réservées pour l’accueil de leur grande vieillesse démunie,

…...

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Photos de l'admirable  Lee Jeffries qui les voit et montre leur magnifique humanité

Nous déplorons la survenance de  :

 

  • la maladie de la vache folle provoquée par le cupide usage de la farine animale,
  • la grippe aviaire qui décime la crème des volailles,
  • la viande avariée fournie par des bouchers sans scrupules
  • la délinquance impossible à refréner (vols à l’arrachée avec ou sans violence, vols à main armée … (nous nous demandons si la peur du gendarme demeure encore valable à nos jours ?)
  • la malbouffe ravageuse des corps
  • la haine anonyme derrière l’écran, qui se déverse sans vergogne sur les réseaux sociaux, responsable de suicides chez des jeunes les moins bien armés.

…..

De ces maux divers, nous espérons (en ordre dispersé) :

 

Qu’une vraie dynamique d’ascension sociale fasse jour !  

Que la main du premier de cordée s’ouvre à celle du dernier de cordée !

Que la vie simple ne cesse jamais de dévoiler ses splendeurs !

Que le bonheur devienne accessible à chacun de nous, non comme une denrée rare, mais propice comme l’air que nous respirons !

Que nous puissions accéder sans réserve à un air non pollué !

Qu’on évacue les fake news afin de pouvoir séparer le faux du vrai !

Qu’on n’accorde plus de blanc-seing aux paroles haineuses, exécrables pourvoyeuses de souffrances !

Que la paix revienne sur les réseaux sociaux !

Que l’arrogance s’aplanisse chez le winner !

Que l’échec se mue en prochaine gloire chez le looser !

Que le quémandage d’amour se fasse sans larmes ni blessures en cas d’insuccès !

Que le Rire en fusion s’accorde la première place comme une des Voies royales vers la guérison des maux !

Que la confiance règne de nouveau !

….

 

pour qu’enfin :

 

la « Joie demeure » dans nos cœurs !

 

 

Elfina

18/02/2019

 

 

 

(*) Liste fournie par Wikipédia et complétée par

Les 100 penseurs des Sciences Humaines (hors série de la revue Sciences Humaines).

Sont éliminés d’office les noms de personnalités décédées et ceux comportant la lettre T (prénom et patronyme compris). Lipogramme oblige !.

 

 ns



20/02/2019
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