Les mots de Montpellier

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Atelier 7 - 2018 1er sujet

Un match de tennis de haute volée !

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Les deux joueurs entrent sur le cours sans un regard l’un pour l’autre. Ils semblent tendus mais Joe COLLINS l’est sans doute plus que son adversaire, Tim RANDALL. Celui-ci est connu sur le circuit pour son sang-froid légendaire. N’a-t-il pas battu Kurt DAVIS par le passé ? Je le sais, j’y étais. Je l’ai vu.

 

L’arbitre de chaise, un homme petit et laid, donne le coup d’envoi de la rencontre. Il est souvent hargneux et impitoyable dans ses décisions, comme une laie défendant son territoire.

 

Les deux sportifs entament la partie, courent de part et d’autre du terrain et jouent à cent pour cent de leurs capacités. Les points et les jeux défilent, le premier set est bientôt dans la poche de Tim, même si le score est court. Tim se détend de plus en plus alors que Joe se contracte toujours plus au point de laisser maintenant filer toutes les balles. Tim, lui, choisit de ne pas s’en faire et de continuer son jeu. Il boit du petit lait en ce moment, sûr de sa force.

 

Soudain, la situation bascule au profit de Joe qui bénéficie sans doute de l’excès de confiance de Tim. Il remporte haut la main le deuxième set et aux premiers gradins, toute sa cour se lève et l’acclame. Piqué au vif, Tim redouble d’énergie et se lance à corps perdu dans la bataille du troisième set. Il défie son adversaire, semblant lui dire : « Tu l’es fier, hein ? Tu penses la partie gagnée ? Eh bien non ! Il va falloir t’accrocher ! »

 

Les deux hommes luttent sans merci, disputant chaque balle, couvrant les quatre coins du terrain, sautant et virevoltant partout, comme s’ils s’étaient dédoublés, triplés, quadruplés. On se croirait à une chasse à courre quand une meute de chiens encercle sa proie et l’accule jusqu’à la mise à mort finale. Le score est serré et même le meilleur bookmaker ne saurait prédire l’issue du match.

 

La mise à mort n’aura finalement pas lieu puisque le match, interrompu par la nuit, est reporté au lendemain matin. Les adversaires du jour repartent comme ils sont venus sans un regard l’un pour l’autre, entretenant le terrible suspens.

 

© Ouvrez les Guillemets 63 – 20.04.18

 

 



21/04/2018
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