Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

Atelier du 24/02/2015

Synopsis

Marc a un passe-temps favori : provoquer le hasard et les gens. À chaque instant, il passe au plus près de la mort de son âme. Huit siècles par heure, il redevient à l’ultime seconde ce qu’il n’a pas cessé d’être, un enfant insupportable.


Tour à tour, il incarne un nouveau personnage, un magicien, un ange déchu, un sauteur à l’élastique. Il se moque des industriels corrompus reçus dans leurs paroles. Il s’amuse, prend des risques, joue avec les situations. Puis soudain… La vie n’a plus le même goût.  Marc survivra-t-il ?

 

Incipit

Marc joue à provoquer les gens et la vie. A 30 ans, issu d’une famille bourgeoise d’Auvergne il n’en fini pas de terminer ses études.

 

Marc n’est pas ce qu’on appelle un petit gars sérieux, bien propre sur lui. Il vit toujours chez ses parents, puisqu’il a redoublé sa licence en géosciences après avoir étudié 2 ans l’astronomie et ensuite  frotté sa culotte 2 autres  années sur les bancs de la fac de lettres.

Ses parents sont inquiets, que va faire notre fils dans la vie ? Tout l’intéresse, mais rien ne le fixe. Il vit comme un feu follet, une étincelle.

 

Depuis quelque temps, Marc s’est trouvé une nouvelle passion, les jeux de rôle. Il passe des heures entières à incarner différents personnages avec ses amis.

 

Un jour, il est ce chevalier courtois qui se surpasse pour sa dame, au risque de sa vie. Un autre jour, il se met  dans la peau d’un puissant magicien en prise avec  une cruelle et dangereuse sorcière…

Un autre jour encore il est cet ange déchu qui se révolte contre le rôle que Dieu lui a confié. On le surnommera Lucifer.

 

Marc aime par-dessus tout naviguer dans le temps, imaginer de nouvelles aventures, défier ses partenaires. C’est un fin et redoutable stratège, malin et vif. Il retourne  toujours les situations en sa faveur. On craint de l’avoir comme adversaire.

Pendant des mois, il ne vit que pour ses jeux de rôle. Il crée ses personnages dans les moindres détails et rêve de sauver le monde.

Peu à peu, il se fait moins régulier aux séances, participe au minimum, parle au compte-goutte.

 

L’ennui s’installe sournoisement.

 

La fantaisie, la résolution des  situations imprévues, le cache-cache avec le destin, tout ce qui l’excitait et le faisait vibrer a disparu.

 

Marc se découvre alors une autre passion : le saut à l’élastique. Il craque pour ce sport extrême et se lance à corps perdu dans cette nouvelle aventure.

Sauter de 80 m de haut en salto est un vrai défi. C’est un bol d’air frais d’émotions et une aventure puissante en frissons et adrénaline.

 

Là-haut, il est heureux, sa vie au bord du gouffre  ne tient qu’à un fil.

 

Mais là aussi, après quelques années, l’adrénaline a perdu de sa saveur. Il ne ressent plus de plaisir, ne frissonne plus à chaque saut.

La vie est devenue fade, elle n’a plus de sens.

 

Pendant des jours, Marc rumine, ça tourne en boucle dans sa tête. À quoi sert tout cela se dit il.  J’ai 40 ans, je suis un vrai gamin qui reste collé aux baskets de ses parents. Je suis en plein rêve. Il y a si peu de réel dans la vie.

Je suis toujours célibataire, sans enfants ni boulot. Je ne sers à rien. Je suis nul.

 

Marc n’a plus de goût à rien. Juste à pianoter sur Facebook et répondre aux copains qui s’inquiètent.

 

Ce matin alors qu’il consultait ses messages avec ennui, son attention fut attirée par un post de son club d’élastique. « Élancez vous dans le vide pour une action solidaire » Piqué dans sa curiosité, Marc dévore les pages qui présentent l’événement.

Il  est proposé de sauter de l’Arche de la Défense.  Les fonds récoltés iront aux plus démunis en France.

Marc sent l’excitation monter. Il s’agite, devient fébrile, le cerveau en ébullition. Quelle idée géniale et si utile. On fait n’importe quoi dans notre pays. On gaspille la nourriture, on invente des déchets et des personnes vivent encore dans des conditions innommables.

 

Les jeux de rôle sont si futiles et ridicules.  Ils ne peuvent sauver le monde. Quelle idée saugrenue et totalement factice.  Quel temps perdu et gaspillé !

 

Ni une ni deux, il s’inscrit à l’événement et se remue les méninges.

Qu’est ce qui m’a toujours fait rêver et que je voulais faire quand j’étais enfant ?

 

Odile 23/02/2015



04/03/2015
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