Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

Atelier du 5/11/2014

La Barberie

 

"Les mots resurgissent, intacts, comme les corps de ces deux fiancés que l'on avait retrouvés en montagne, pris dans la glace, et qui n'avaient pas vieilli depuis des centaines d'années."

tombe.jpg
 

Le passé n’était donc pas mort, l’ombre de nos actions s’étendait au-delà de la tombe, comme un bras se projetant dans l’avenir.

 

Que s’était-il donc produit là, qui puisse s’accrocher aux pierres croulantes et résonner encore dans un futur qui n’arrivait pas à effacer le passé ? Les murs peuvent-ils parler, suggérer ou même  épouvanter les rares passants qui se risquaient dans cet endroit sauvage. N’était-ce pas que le produit de l’imagination incontrôlable de visiteurs trop impressionnables pour qui chaque arbre, chaque branche évoquait la silhouette incertaine d’un chevalier, d’un pendu secoué par les rafales bien connues des habitants du voisinage ?

 

Eux se gardaient bien de s’approcher de cet endroit hanté où les jours d’orage, disait-on, les sorcières et les alchimistes distillaient leurs poisons et maléfices, car « La Barberie n'était pas seulement le nom de la maison, mais celui du hameau dont la maison devait être jadis le château."

 

La peur

 peur.jpg

Une inquiétude diffuse s’insinuait insidieusement en lui. Il aurait été incapable de dire pourquoi. Le silence qui l’environnait, la solitude loin du monde et des gens, au lieu de le rassurer, lui semblait être le ressac incessant d’une angoisse qui n’avait pas de nom. Une onde sournoise et subtile le serrait dans une étreinte tentaculaire qui finit par envahir tout son être. Il avait peur d’avoir peur.

 

Le moindre souffle lui faisait l’effet d’un râle interminable. Il se mit à courir en tous sens, à droite et à gauche, hors d’haleine, à l’écoute des battements de son cœur qui lui répétaient que son heure avait sonné, qu’il n’y avait plus d’issue, que rien n’arrêterait le cours du temps qui, à présent, lui était compté.

 

Le plus léger mouvement lui susurrait que la fin était proche et que la fuite était inutile.

 

Les bouffées de terreur grandissaient avec l’obscurité du soir, et il comprit qu’il avait rendez-vous avec l’inconnu qui prenait son temps pour le tourmenter à plaisir.

 

Daniel 5/11/2014



08/11/2014
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 165 autres membres