Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

Atelier du 9/12/2014


Écrire un poème avec les rimes suivantes

âmes, flammes, airs, éclairs, larmes, armes, désarmé, aimer, envolée, vallée, blonde, monde.

 

 

Ce matin, j’ai mal à l’âme

La liberté s’élève telle une flamme

Douze innocents, sans en avoir l’air

Se sont  évaporés dans des éclairs.

 

Un mercredi si plein de larmes

Pour des êtres qui faisaient du rire, leurs armes.

Mais devant ces journalistes désarmés

Des fanatiques incapables d’aimer

 

Ont fait feu dans une sinistre envolée.

Charlie hebdo dessine désormais dans la vallée

Où se promènent brunes et blondes

Et tous les martyrs, tous les innocents du monde

 

Maridan Gyres 8/01/2015


 

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Logorallye

Chemin, discipline, aventure, maison, écureuil, règle, corbeille, hiver

 

 

Je m’étais aventurée sur ce chemin. Mais où allait-il me mener ? Je l’ignorais. J’avais soudain été prise d’une envie pressante de fuir. Fuir ma maison, mes amis, ma famille, le bruit de la ville, le téléphone, même mon chat. Je ne voulais plus de cette discipline que m’imposait la maladie. Rester chez moi, me détendre. Jamais, en cinq ans, je ne m’étais vraiment reposée.

 

Mes mains, mon corps, mon esprit refusaient l’immobilité. J’avais commencé avec les perles qui occupaient mes nuits, puis j’avais bifurqué sur la peinture à l’acrylique et j’avais arrêté quand il était devenu évident que je ne savais plus quoi faire de toutes ces toiles. Une amie m’avait fait découvrir les collages et en 3 mois j’en avais réalisé plus de deux cents. Et puis, un jour, mon mari avait dit ceci : ‘tu as toujours rêvé d’écrire, aujourd’hui, tu as le temps, profites-en !»

 

Alors j’avais écrit. Des poésies, puis des petits textes, puis des nouvelles, des contes et enfin des romans. Quatre en un an. Et depuis, j’avais ouvert tant de cahiers que je m’y étais noyée. Enfin, l’arthrose déviant de plus en plus mes mains, j’avais posé le stylo et pris les aiguilles. En dix jours, j’avais tricoté deux châles, un pour ma fille, un second pour ma mère. Hier, j’avais attaqué le troisième, pour moi cette fois. Et là, ce matin, j’avais tout posé. Car même lorsque mes doigts s’agitaient autour de la laine, mon esprit ne me laissait aucun repos.

 

Alors j’étais partie à l’aventure. J’avais quitté la maison et pris ce petit chemin de terre. Et là soudain, j’avais enfin déposé les armes, ma tête s’était allégée devant la magnificence de ce paysage forestier. Des arbres si hauts que je n’en voyais pas la cime. De temps en temps, un écureuil traversait le chemin à mon approche et grimpait quatre à quatre jusqu’au faitage de l’arbre face à moi.

 

Enfin, je prenais le soleil avec délice, passant de la lumière à l’ombre lorsque je commençais à avoir trop chaud. Plus de règles ici, plus d’obligations, juste la nature et moi en harmonie totale. À un moment au détour de ce petit sentier, je vis une jolie clairière. Des campeurs avaient dû passer là. Près du lac, je trouvai comme une couche, remplie de feuilles mortes. Le sol avait été creusé en forme de corbeille. Puis, il avait été comblé de mousse, de feuilles mortes. L’ensemble était très beau à voir, mais plus encore, je ressentis le besoin immédiat de m’y réfugier. Sa taille était idéale pour moi et j’y plongeai avec délice. Je ne sentais plus l’hiver. Le vent glacial passait au-dessus de moi sans, même, me rafraîchir. Le soleil dardait ses puissants rayons sur ma couche de fortune où j’étais totalement protégée comme dans un cocon. Et c’est ainsi que je m’éveillais trois heures plus tard, reposée et pleine d’un entrain que je n’avais pas connu ces derniers mois.

 

Maridan Gyres 8/01/2015



08/01/2015
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