Les mots de Montpellier

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Atelier 9 - 2019 - Sujet 2 - Image :

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Huppe Africaine /Raton Laveur – « DUO Amoureux d’un autre monde »

 

« Houpelande », Huppe africaine a quitté son continent suite à une grande sécheresse qui a engendré une affreuse famine et décimé son espèce (et bien d’autres), à quelques rares spécimens dont elle fait partie. Une grue Vaudou s’était penchée sur son nid quand elle était poussine et lui avait jeté un bon sort à condition qu’elle soit courageuse.

 

Forte de cette bénédiction, Houpelande a voyagé de cargo en cargo, et volé aussi longtemps que ses ailes le lui ont permis. Elle est arrivée épuisée sur une ile suspendue dans l’espace, surprise de trouver là un raton laveur, « Spontex », également épuisé qui avait fui les rivières et les campagnes polluées suite à la révélation d’une Chouette médium :

 

« tu trouveras l‘inattendu salvateur si tu pars maintenant sans te retourner… une luciole te guidera la nuit et un papillon  « Belle Dame », le jour ».

 

Sur ces mots, la Chouette se volatilisa. Il faut savoir que Houpelande fût anthropophile autrefois, lors de ses migrations de printemps, nichée près de villages, charmant de son chant « woupwoupwoup ,» les amoureux des oiseaux, mais ce monde a disparu.

 

La Huppe et le Raton Laveur ont en commun le souvenir des bocages, des berges abruptes des cours d’eau. Déjà ils sont complices l’adversité rapproche vite.

Les voilà donc maintenant tous deux en apesanteur dans un désert insulaire mis à part quelques squelettes d’arbres, où, il faut tout reconstruire.

 

La Huppe regarde la fourrure de son compagnon et inversement il détaille son plumage. Ils se mangent des yeux.

 

Tout à coup, ils éclatent de rire (le rire des animaux est indescriptible) et leur viennent des idées  :

Faire un petit chez soi doux comme un câlin et accueillir un ou deux migrateurs égarés :

 

D’abord, habiller les branches de douces plumes, décoration délicate, chaleureuse, colorée, puis faire une maisonnette de fourrure cocooning, utiliser le gros caillou pour y accrocher une petite chambre d’hôte feutrée, à l’hémisphère opposée, et ainsi protéger l’intimité de passagers et leur permettre un angle de vue radicalement différent et captivant.

 

Aussitôt dit, aussitôt entrepris, l’un tire délicatement sur quelques plumes, et par une formule très élaborée peut les multiplier sans dénuder Houpelande. L’autre, le bec en ciseau coupe le poil de Spontex, juste ce qu’il faut, pour avoir de la matière à coudre, confectionner les parois de la maisonnette, les fenêtres, un petit couchage…etc. Spontex sait coudre de ses pattes agiles et griffues et bien sûr faire un ménage irréprochable ! L’eau arrive goutte à goutte par les plus grosses branches, tuyaux creux naturels. Il suffit d’en pincer les bouts.

En quelques jours, tout est en place...

 

Houpelande et Spontex passent des heures à dormir et rêver, vive le Farniente ! Puis elle volette d’un endroit à l’autre toujours émerveillée par la poésie des lieux et il l’accompagne car il a même réussi à se faire un planeur en chutes de plumes et poils drus. Puis, posés sur le gros caillou, ils passent des heures à scruter l’étendue blanche immense, nébuleuse, mousseuse de vaguelettes que la brise parfume du souvenir des roses, elle les hypnotise, et parfois une voix cristalline semble murmurer une mélopée « woupwoupwoup ».

Ils dégustent le pur bonheur de vivre tous deux dans ce petit paradis, et ouvrent leur cœur à qui s’aventurerait là…

 

Que mangent-ils ? mais ils vivent d’amour et d’eau fraîche  ! c’est leur réalité… qui n’y croyait pas dans les temps terriens dits civilisés avait tort… Il existe des « Ailleurs Enchanteurs ». 

 

Clohe



11/04/2019
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