Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

Atelier du 17/03/2015 au Musée Fabre

Paysage au pont

 

Un des points forts de sa visite au musée Fabre a été cette rencontre avec le tableau « paysage au pont » de Cornelis Huysmans, peintre flamand de la fin du 17ème – début 18ème siècle.

D'abord, il  y a le pont. Passage d'une rive à l'autre. Passerelle tendue au-dessus d'une rivière, jetée au-dessus d'un gouffre, d'un abîme. Sous celui-ci, il n'aurait pas pu y dormir.

Comparativement avec sa situation actuelle… Il a gardé en mémoire la lumière qui se dégage de ce ciel ennuagé ombrant les montagnes et le golfe marin qui constitue le fond.

La vie rurale. Sérénité paysagère. Était-ce déjà un appel… À l'époque de cette visite avec le collège.

Une lumière de fin de journée, déjà rasante par endroits, allume les corps qui cherchent la détente.

Je me souviens m'être baigné dans cette lumière, éclaboussé dans le fleuve, à l'ombre des chênes. Un grand moment de communion avec moi-même. Seul, loin du groupe. Prise de distance volontaire.

Tour à tour, je suis devenu agriculteur, pâtre, muletier, gardien de l'octroi... !

Sans le savoir alors, un plongeon dans mon avenir.

 

L'atelier

 

L'atelier de la rue Furstenberg

Jusqu'au matin, il a dessiné, placé sur papier ses émotions. Son coeur n'a cessé de battre à tout rompre. L'arrivée de la missive. Froide. Administrative.

Cette dernière journée avant départ, il l'a passée en tête à tête avec tous ces troubles, tous ces sentiments ressentis dans les jours qui ont précédé le fatidique départ. Esquisses de portraits de personnes rencontrées, croquis du port de Cette où il a passé une journée, pêcheurs à la ligne, bugadières de Grabels.

Un carnet. Puis, un deuxième.

Vers les cinq heures du matin, il a sorti sa palette, ses tubes espérant démarrer une toile. Il n'en a pas eu la force …  Le sommeil a fini par le prendre dans son grand fauteuil au pied duquel son matériel gît.

Tendrement, sa mère a sonné son réveil. Il est temps. La servante a préparé son bagage. Il embrasse les siens. Un fiacre le conduit à la gare. Son ordre de mobilisation en main, il attend le train qui va le conduire à défendre sa patrie. Il imagine sa soeur partie se réfugier sur la terrasse du domaine Méric dominant la basse vallée du Lez. Les joues encore toutes rosies par les pleurs qu'elle a dû verser. Le regard triste dans la blancheur étincelante de sa robe de taffetas brodée de rubans roses. Scène sublimée par la lumière de cette fin d'été.


La main de feu

Pierre Soulages Rouge et noir 1919

Métal rougeoyant dans le feu du forgeron. Atteindre la bonne température pour attaquer le travail d'anatomie de la main. Sculpter phalange après phalange. Ouvrir la main … l'accueil de l'autre, prête à être serrée. Un zeste de reconnaissance. Un geste d'humanité.

La chauffe est maintenant bonne. L'ébauche sort du feu. Sa main droite tient le marteau, sa gauche la pince et l'ébauche. Ainsi commence l'opéra pour trois mains dans le battement du marteau sur l'enclume. Des bélugas allument l'air de la forge. Féerie. Sons et lumières de la métallurgie.



22/03/2015
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