Les mots de Montpellier

Les mots de Montpellier

Atelier du 29 mai 2013 : Ecrire un texte érotique

Cette journée et cette nuit furent les plus troublantes et les plus délicieusement interminables que je vécus.

 

Alors que nous levions le camp pour une longue journée de repérages, mesures, prélèvements et photos, je surpris le regard du nouveau coéquipier posé sur moi. Pendant quelques secondes, je ne parvins pas à détourner mes yeux des siens, plus rien ne semblait exister autour, les sons étaient diffus et lointains, le temps comme suspendu… Au fil des heures, nos regards, nos attitudes corporelles, nos déplacements et frôlements trahissaient notre irrésistible attirance. A notre insu, les phéromones opéraient. La présence des autres spécialistes ne nous permettait pas de formuler ce que nous ressentions l’un et l’autre, qu’importe, au delà des mots nous étions connectés et brûlions d’impatience de nous retrouver à la nuit tombée.

Le soir arrivé, nous nous installâmes dans un nouveau campement, sous les arbres, en bordure de rivière. Ma rondavel de bois et de chaume était la plus excentrée du boma, seulement accessible par un pont suspendu. Le ciel étoilé de cette nuit d’été austral était magnifique, je me dévêtis et me glissai avec délice sous l’eau chaude de la douche fixée sous un arbre, abritée des regards par un rideau de bambou. Alors que l’eau ruisselait sur mon corps, mes pensées ne se détachaient pas de cet homme, … Greg. Je ne connaissais rien de lui, mais le désirais avec intensité.

Lorsque j’entendis des pas s’approcher et un sifflotement léger, je sus que c’était lui, guidé par le même désir d’union voluptueuse. Par cette nuit fraîche, sa silhouette m’apparut à l’entrée de l’espace douche, la mienne était enveloppée de vapeur.

Je l’invitai à me rejoindre…

 

Soudain je sens son corps puissant et protecteur m’envelopper de douceur, ses grandes mains me savonnent délicatement de la tête aux pieds. Tel son bébé, je suis l’objet de ses soins attentionnés, ses longs doigts, ses bras, son corps tonique glissent sur ma peau. Chaque centimètre carré de mon épiderme est adouci et parfumé par les huiles essentielles du savon, puis rincé tout aussi soigneusement.

Greg attrape l’immense drap de bain, l’enroule autour de moi, me soulève dans ses bras, m’emporte dans la rondavel et me pose sur le grand lit carré…

Alors que nos sens ont été en éveil tout au long de la journée de travail, que notre désir a été exacerbé par l’attente, Greg prend le temps de me découvrir, il vient de m’offrir des instants innocents de douceur. Nous sommes bercés par le bruit de la rivière qui se déverse continuellement, de temps en temps les cris d’un rapace nocturne troublent ce son paisible. Nous avons la nuit devant nous et allons en garder un souvenir indélébile.

Je l’enduis d’huile corporelle et me délecte à caresser sa peau et masser ses muscles avec sensualité, à l’écoute de ses moindres soupirs et frémissements.

Tour à tour je me fais câline ou féline pour le déguster sans précipitation.

Nos deux corps s’enlacent et s’emmêlent. Chaque parcelle de nos chairs est explorée et fêtée. Pudeur, tabou, inhibition n’existent plus, nous sommes seuls au monde, nous ne faisons qu’un.

Nos corps s’enflamment, la fièvre monte, nous transpirons, nous nous dévorons, nous nous unissons, nous sommes sous tension, nos corps exultent. Pour faire durer l’extase, régulièrement nous laissons la pression baisser, puis insatiables nous nous enivrons à nouveau de plaisir.

Par moments nous atteignons le point de non retour, c’est l’explosion.

Epuisé, Greg s’accorde alors une pause tendresse pendant laquelle je savoure l’irradiation  énergétique qui parcourt mon corps tel un vortex.



01/08/2013
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